Baisse continue de la consommation et des problèmes d’alcool au Québec

Montréal, le 19 mai 2015.- Tous les indicateurs démontrent que la relation des Québécois avec l’alcool s’améliore, que la consommation diminue et que les problèmes et l’alcoolisme sont en baisse au Québec. « Bien qu’il nous reste encore du travail à faire, particulièrement auprès des jeunes, la situation évolue favorablement et les efforts que nous déployons portent fruit », a déclaré le directeur général d’Éduc’alcool, Hubert Sacy, en faisant état des données scientifiques les plus récentes qui ont été diffusées sur la situation de la consommation d’alcool au pays.

De fait, les toutes récentes données relatives à la vente d’alcool au pays, qui viennent d’être émises par Statistique Canada (1), font ressortir trois éléments marquants pour le Québec :

  • Le volume d’alcool par habitant le plus bas de la décennie: La diminution du volume de ventes d’alcool par habitant du Québec a poursuivi sa baisse au cours de la dernière année : elle est tombée à 8,4 litres d’alcool pur par année (8 l. pour le Canada) alors qu’elle était de 8,6 l. l’an dernier et de 8,9 l. l’année précédente. Ce niveau est le plus bas de la décennie.
  • Plus de huit Québécois sur 10 boivent: Le Québec demeure la province où il y a le plus grand pourcentage de consommateurs d’alcool au pays. En effet près de 83% des Québécois âgés de 15 ans et plus sont des buveurs (76% pour le Canada).
  • Un volume de consommation en deçà de la moyenne canadienne: Pour la première fois, le volume de consommation d’alcool des buveurs québécois est inférieur à la moyenne canadienne. Le Québec se situe au 4e rang des provinces où les consommateurs d’alcool boivent le moins, avec une consommation annuelle moyenne de 10,14 litres d’alcool pur par buveur (10,54 l. pour le Canada).

Les données de Statistique Canada sont, certes, essentielles pour tracer le portrait des ventes au Québec et au Canada, mais elles s’appliquent à la population en général et non aux consommateurs d’alcool. Ce portrait doit donc être complété par celui – plus précis et plus utile à des fins d’éducation et de prévention – de la consommation d’alcool par les buveurs. À ce chapitre, alors que le Québec figure dans le peloton de tête des ventes d’alcool au pays (il est 3e après l’Alberta et Terre-Neuve-Labrador), il baisse dans le peloton de queue canadien (avec le Nouveau-Brunswick, l’Ontario et la Nouvelle-Écosse) lorsque l’on applique les données aux seules personnes qui consomment de l’alcool.

En outre, les taux d’alcoolisme au Québec ont également baissé depuis 2002 (2). De fait, on estimait alors à plus de 4 % les taux de troubles liés à l’alcool. En 2012, le Québec ne comptait plus que 2,7 % de personnes qui présentaient de graves problèmes liés à l’alcool (Canada : 3,3 %). Toutefois, les jeunes de 15 à 24 ans présentent des taux de 9 %.

Rappelons par ailleurs que le Québec est la province où les buveurs respectent le plus les niveaux de consommation d’alcool à faible risque (3). C’est la seule province dont moins de 20% des buveurs (19,7%) ont dépassé les niveaux hebdomadaires recommandés et dont moins de 14% des buveurs ont dépassé (13,7%) les niveaux quotidiens recommandés.

« Les données le démontrent bien : le Québec fait de plus en plus bonne figure en matière de consommation raisonnable d’alcool et, bien que des problèmes importants persistent, nous nous dirigeons clairement vers une culture de la modération », a conclu le directeur général d’Éduc’alcool.

(1) Contrôle et vente des boissons alcoolisées, pour l’exercice se terminant le 31 mars 2014, Statistique Canada Le Quotidien, mai 2015.
(2) Portrait statistique de la santé mentale des Québécois – Résultats de l’enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes Santé mentale 2012, Institut de la Statistique du Québec, mai 2015.
(3) Enquête canadienne sur le tabac, l’alcool et les drogues (ECTAD 2013) qui vient d’être rendue publique.