Congédiement d’une serveuse pour avoir retenu un client ivre : Le ministre de la sécurité publique a les moyens d’éviter que cela ne se reproduise.

Le directeur général d’Éduc’alcool, Hubert Sacy et Valérie Couturier, la serveuse congédiée d’un restaurant de Boucherville après avoir empêché un client ivre de prendre le volant, ont uni leur voix pour exiger que le gouvernement prenne les moyens d’éviter que pareille situation, aussi absurde qu’inacceptable, ne se reproduise. Au nom de la sécurité sur les routes et du besoin des serveurs et des restaurateurs qui se retrouvent démunis en pareille situation, ils revendiquent que le ministre de la Sécurité publique, M. Stéphane Bergeron, rende la formation au service d’alcool obligatoire dans le cadre de la révision de la Loi sur les permis d’alcool qu’il a promise pour les semaines à venir.

« L’invraisemblable saga du congédiement de Valérie Couturier illustre de manière éloquente le niveau de méconnaissance et l’absence de repères dans l’industrie de la restauration de même que le besoin de mieux outiller les serveurs d’alcool et les restaurateurs pour rendre normale et naturelle une telle intervention, pourtant formellement requise par la loi. Cet événement confirme l’absolue nécessité de rendre obligatoire la formation des propriétaires et des serveurs des établissements licenciés dans le cadre de la refonte des lois sur l’alcool, une formation qui est prête à être offerte dès maintenant », a déclaré M. Sacy.

« Pour ma part, je souhaite pas de compensation financière de mon ex employeur et n’ai aucune rancune à son endroit, pas plus que je ne souhaite être réintégrée dans ce milieu de travail qui me serait vraisemblablement hostile. Ce que je veux, et c’est ce qui compte le plus pour moi, c’est éviter que pareille situation ne se reproduise. J’ai l’assurance que rendre obligatoire le cours développé par Éduc’alcool et l’ITHQ ferait toute la différence », a mentionné Valérie Couturier.

Du même souffle, elle a indiqué qu’elle suivrait le cours avant de commencer à travailler dans un nouvel établissement, de manière à ne pas être dépourvue devant pareille situation à laquelle elle serait susceptible de faire face à nouveau.

« Si cette formation avait été obligatoire, comme elle l’est dans la grande majorité des provinces du Canada et des pays industrialisés, le propriétaire du restaurant aurait su qu’il avait non seulement le devoir moral, mais tout autant l’obligation légale de suivre des règles claires. Les serveurs de l’établissement auraient su exactement quoi faire pour, d’abord, éviter que le client ne s’intoxique et, ensuite, comment le gérer s’il avait malgré tout dépassé ses limites », a-t-il expliqué.

Éduc’alcool a développé, avec l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec, un programme destiné aux établissements licenciés, « Action Service », qui est actuellement suivi sur une base facultative. Le cours dure quatre heures et coûte 45 $. Il s’agit donc d’une mesure de responsabilisation simple, accessible, peu coûteuse et, surtout, dont l’efficacité pour réduire la conduite avec les facultés affaiblies est amplement démontrée.

Comme tous les restaurateurs sont susceptibles de se retrouver dans une situation inconfortable similaire à celui de Boucherville, la pertinence de cette mesure est d’autant plus évidente aux yeux de l’organisme.

« Le ministre de la Sécurité publique, M. Stéphane Bergeron, a promis un projet de loi qui révise la Loi sur les permis d’alcool d’ici quelques semaines. Il est plus que jamais nécessaire que tous les partis fassent consensus pour que la nouvelle loi permette au Québec d’entrer enfin au XXIe siècle en cette matière et comprenne, sans la moindre exception, l’obligation formelle pour tout propriétaire d’établissement licencié et pour toute personne qui sert de l’alcool, d’avoir suivi la formation. Cela doit être une condition pour obtenir le permis et une condition pour effectuer le service », a conclu M. Sacy.