Des différences qui se confirment entre Montréalais francophones, anglophones et allophones

Montréal, le 25 juillet 2019 – En matière d’habitudes de consommation d’alcool, il existe littéralement trois Montréal. La troisième édition du sondage biennal mené par CROP pour le compte d’Éduc’alcool permet en effet de confirmer les différences qui existent au sein de la population montréalaise. Celles-ci ressortaient déjà des éditions de 2015 et de 2017, autant du côté francophone, que du côté anglophone ou du côté allophone. L’écart entre francophones et anglophones est cependant moindre que celui qui les sépare des allophones.

Francophones et anglophones montréalais se ressemblent aussi pour ce qui est de l’alcool au volant, tous deux étant plus nombreux que la moyenne québécoise à avoir conduit avec les facultés affaiblies. Les allophones ont cependant été bien moins nombreux à adopter ce comportement.

Voilà quelques-uns des faits saillants qui ressortent de la section montréalaise de la plus vaste enquête jamais faite sur la relation de chacune des régions du Québec avec l’alcool. En 2019, l’échantillon montréalais a été porté à 1 053 personnes afin de réduire la marge d’erreur et d’obtenir des données plus précises et plus représentatives de la situation de la métropole.

CITATION

« Les différences culturelles jouent un rôle déterminant dans la relation que les gens entretiennent avec l’alcool. Malgré les lacunes que l’on observe chez les Montréalais, la bonne nouvelle est qu’il est possible de changer les cultures. Aussi, les résultats que nous observons à Montréal nous confortent dans notre orientation de continuer à travailler auprès de l’ensemble des groupes de manière à améliorer les comportements et à réduire les problèmes liés à l’abus d’alcool. »

- Hubert Sacy, directeur général d’Éduc’alcool

LES RÉSULTATS DE SONDAGE EN BREF

  • Les habitudes de consommation : Les allophones de Montréal consomment moins fréquemment de l’alcool qu’ailleurs au Québec alors que c’est l’inverse pour la population francophone de la région.
    • 84 % des résidents de Montréal disent avoir consommé de l’alcool au moins une fois au cours des 12 derniers mois, ce qui est presque identique à la moyenne québécoise (85 %) ;
      • La répartition de ces consommateurs est toutefois inégale. En effet, 89 % des francophones et 85 % des anglophones ont consommé au cours de la dernière année, alors que c’est le cas de 76 % des allophones ;
    • 53 % de tous les Montréalais affirment consommer des boissons alcoolisées une fois par semaine ou plus, ce qui est moindre que la moyenne québécoise (55 %) ;
      • De ce nombre, les francophones sont les plus nombreux (60 %), suivis des anglophones (55 %) et finalement, des allophones (43 %) ;
    • Tout comme les autres Québécois, les Montréalais consomment en moyenne 1,9 verre par semaine ;
      • Lorsqu’on regarde de plus près, on constate toutefois que les francophones consomment 2,2 verres par semaine, alors que les anglophones en prennent 1,9 ; et les allophones, 1,6 ;
    • Les Montréalais sont plus nombreux à constater que leur consommation d’alcool a un impact sur leur santé physique (21 % c. 16 % au Québec).
  • La consommation excessive : Les francophones et les anglophones de la région montréalaise sont plus nombreux que les allophones à boire de manière excessive.
    • Comme les autres Québécois, 55 % des Montréalais affirment avoir consommé de manière excessive au moins une fois au cours de la dernière année ;
      • Les trois Montréal sont encore bien présents ici, alors que 61 % des francophones et 59 % des anglophones montréalais disent l’avoir fait, seuls 43 % des allophones sont dans ce cas ;
    • 34 % des habitants de la région de Montréal avouent avoir dépassé les limites de consommation recommandées une fois ou plus par mois au cours des douze derniers mois, la même proportion que la moyenne québécoise ;
      • Toutefois, 41 % des anglophones et 38 % des francophones ont dépassé ces limites. Du côté des allophones, ce taux baisse à 25 %.
  • La conduite et l’alcool à Montréal : Les Montréalais sont parmi les conducteurs les moins prudents au Québec, bien qu’ils soient plus nombreux à croire qu’il est possible de se faire intercepter par un barrage policier.
    • 11 % affirment avoir conduit un véhicule après avoir consommé de l’alcool au-delà des limites permises (c. 8 % au Québec) ;
      • Notons que les anglophones de la région sont les plus nombreux à avoir ce comportement (14 %), les francophones les suivent (12 %) alors que les allophones sont loin derrière (4 %) ;
    • 51 % des Montréalais considèrent comme probable le fait de se faire intercepter dans un barrage policier (c. 48 % au Québec) ;
      • De ce nombre, ce sont les allophones qui sont les plus nombreux à considérer qu’il est probable de se faire intercepter (60 %), suivis des anglophones (58 %) et des francophones (42 %) ;
    • Malgré un territoire restreint par rapport aux autres régions, 22 % des Montréalais ont traversé un barrage policier en rapport avec l’alcool au volant au cours de la dernière année (c. 21 % au Québec).
  • Les perceptions quant à l’alcool et la conduite : Les Montréalais sont plus nombreux que la moyenne à penser qu’il est criminel de conduire après avoir consommé un seul verre d’alcool, bien qu’ils soient plus de la moitié à trouver que la limite d’alcool permise est juste assez sévère.
    • 20 % croient qu’il est criminel de conduire après avoir consommé un seul verre d’alcool, ce qui est plus élevé que la moyenne québécoise (17 %) ;
      • Il s’git de 25 % des allophones, de 24 % des anglophones et de seulement 16 % des francophones
    • 56 % des résidents de Montréal jugent la limite d’alcool pour conduire juste assez sévère (62 % au Québec).
  • L’alcool et le cannabis : Les habitudes de consommation du cannabis des Montréalais sont nettement supérieures à celles du reste du Québec.
    • 21 % des Montréalais consomment du cannabis (c. 18 % au Québec) ;
      • Les allophones sont les moins nombreux à consommer (15 %) alors que c’est le cas de 25 % des francophones et de 30 % des anglophones ;
    • 29 % de ces consommateurs (soit 6 % des Montréalais) mélangent alcool et cannabis, ce qui est considérablement plus élevé que la moyenne québécoise (24 %).
  • Éduc’alcool dans la région : Ce qui n’est rien pour déplaire à Éduc’alcool, l’organisme est connu et reconnu à Montréal bien que son slogan le soit un peu moins.
    • La crédibilité d’Éduc’alcool s’élève à 92 % dans la métropole ;
    • 76 % des résidents connaissent le slogan de l’organisme, La modération a bien meilleur goût, ce qui est moins élevé que la moyenne québécoise qui se situe à 90 % ;
      • Cette statistique s’explique par le fait que les allophones et les anglophones de la région connaissent moins le slogan (60 %) comparativement aux francophones (93 %) qui sont au-dessus de la moyenne québécoise à ce chapitre.

Cette enquête se distingue sous plusieurs aspects :

  • Il s’agit de la première enquête révélant les pourcentages de consommateurs qui fument du cannabis en même temps qu’ils boivent de l’alcool. C’est une donnée tout à fait nouvelle.
  • C’est le plus vaste échantillon jamais établi dans un sondage de la sorte avec 6732 entrevues, dont 1053 répondants à Montréal, réduisant ainsi considérablement la marge d’erreur régionale. Il s’agit donc d’un sondage fiable, d’une précision inégalée.
  • Un changement de méthodologie effectué dans cette nouvelle mouture du sondage ne permet pas de comparer ces résultats avec ceux des années précédentes. En effet, alors que les enquêtes de 2015 et de 2017 étaient réalisées au téléphone, en 2019, les deux tiers (4 592) l’ont été sur le Web et un tiers (2 140) par téléphone. La barrière du jugement perceptuel étant levée sur le Web, on peut observer dans toutes les régions du Québec une hausse des pourcentages des réponses en lien avec les niveaux de consommation. Malgré ce changement, la comparaison entre les régions est parfaitement fiable sur une même année et les rangs par rapport à la moyenne québécoise à travers les années sont parfaitement valides.


  • Information et entrevue:
    Élizabeth Hallée-Lamarche
    ehlamarche@tactconseil.ca et 418 812-7902