Nouvelle publication scientifique sur l’alcool et le coeur : Des effets protecteurs certes, mais avec des nuances

Montréal, le 25 mars 2019 – Les personnes qui consomment de l’alcool de façon modérée bénéficient d’un risque amoindri pour certaines maladies cardiovasculaires. Mais, il faut être prudent car si les études ayant démontré ces associations favorables tentent de contrôler l’effet de variables tierces, il se pourrait que d’autres habitudes de vie distinguent les buveurs modérés des autres. Telle est la conclusion de la toute dernière publication de la collection Alcool et santé d’Éduc’alcool intitulée « L’alcool et le cœur ».

Éduc’alcool y constate que :

  • La consommation modérée d’alcool est associée à une meilleure santé cardiovasculaire, particulièrement au niveau des maladies ischémiques.
  • En effet, l’alcool semble agir sur des molécules et des enzymes qui renforcent le muscle cardiaque, nettoient les artères, et préviennent la formation de caillots de sang.
  • Ces effets positifs sont généralement observés chez les personnes qui consomment de façon régulière et modérée, mais pas tous les jours.
  • Grâce à une toxicité qui semble moindre, le vin rouge pourrait particulièrement amoindrir les risques de certaines maladies cardiovasculaires. Il est toutefois possible que cette différence soit liée à d’autres causes que le produit lui-même.

« Malgré cela, les personnes ne consommant pas d’alcool ne devraient pas commencer à boire dans le seul but d’améliorer leur santé cardiovasculaire car l’alcool est aussi associé à certaines maladies et qu’il existe d’autres moyens d’améliorer sa santé, notamment par l’activité physique, une meilleure alimentation et en cessant de fumer », a déclaré le directeur général d’Éduc’alcool, Hubert Sacy.

Cette nouvelle publication d’Éduc’alcool a été révisée par le Dr.Martin Juneau, directeur des services professionnels, de la prévention et de la réadaptation cardiovasculaire à l’Institut de cardiologie de Montréal et professeur titulaire de clinique à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal.

Des effets bénéfiques et d’autres délétères

Passant en revue les différentes études publiées sur le sujet, la publication d’Éduc’alcool fait état des effets bénéfiques protecteurs et des effets délétères de la consommation d’alcool sur la santé cardiovasculaire. De fait, comparés aux individus ne consommant aucun alcool, les buveurs consommant au plus 4,5 verres standard par jour ont démontré une nette diminution du taux de décès dus à des maladies cardiovasculaires, ainsi qu’une diminution du risque de maladie cardiaque incidente. Mieux encore, ceux se limitant à 1,1 consommation par jour ont démontré une diminution de 14 à 25 % du risque de maladie cardiovasculaire.

La régularité de la consommation est un facteur important souligné par bon nombre des études analysées. En effet, le risque de développer une maladie cardiaque chez le groupe des consommateurs modérés réguliers serait plus faible que chez les abstinents à vie, les anciens buveurs, et les buveurs modérés irréguliers. Il importe de signaler que consommer de façon régulière ne veut pas dire consommer tous les jours, mais plutôt de consommer de façon générale, les mêmes quantités modérées d’alcool au fil du temps. Sous deux aspects par ailleurs, c’est le niveau de consommation qui distingue les effets protecteurs des effets délétères.

Attention toutefois, malgré les bienfaits découlant d’une consommation régulière et responsable, l’alcool peut aussi parfois avoir des effets délétères sur la santé cardiovasculaire. Consommé en excès et sur au moins cinq ans, il peut par exemple engendrer de la rigidité artérielle. Cela fait en sorte que les artères perdent leur capacité à se dilater ou à se contracter en réaction aux fluctuations de pression sanguine, exerçant ainsi une pression indue sur le muscle cardiaque.

Alors, vaut mieux boire ou pas ?

Certes, le sujet de l’effet de l’alcool sur la santé cardiovasculaire n’a cessé de faire l’actualité et de déchaîner les passions, les recherches se contredisant les unes les autres, semant des doutes sur les résultats obtenus des deux côtés et déclenchant une controverse qui n’a toujours pas pris fin. Loin de la polémique, Éduc’alcool considère qu’il est essentiel d’informer adéquatement les Québécois des diverses données disponibles à ce jour et de le faire de manière sereine et crédible tout en soulignant le fait que, même dans le domaine scientifique, les certitudes absolues sont rarissimes et les jugements incontestables n’existent pas.

« À la lumière de nos analyses, les consommateurs d’alcool, qui représentent 83 % des Québécois, ont tout intérêt à boire plus régulièrement des petites quantités d’alcool qu’à boire occasionnellement de plus grandes quantités. Éduc’alcool leur recommande de respecter les limites quotidiennes et hebdomadaires recommandées tout en observant au moins un et préférablement deux jours d’abstinence par semaine. Car encore ici, la modération a bien meilleur goût », a souligné Hubert Sacy, directeur général d’Éduc’alcool.

Disponibilité de la publication

« Alcool et coeur » peut être téléchargée à partir du site Internet d’Éduc’alcool (www.educalcool.qc.ca). On peut aussi la recevoir sans frais en communiquant avec Éduc’alcool au 1-888-ALCOOL1. Elle est également disponible dans les hôpitaux, les CLSC et les succursales de la Société des alcools du Québec.