La dernière chose dont le Québec ait besoin est de libéraliser la vente de l’alcool et d’en réduire le prix

Montréal le 15 juin 2016.- « Le portrait de l’évolution de la consommation d’alcool au Québec depuis les 15 dernières années brossé par l’Institut national de santé publique (INSPQ) constitue une illustration limpide du fait que la dernière chose dont le Québec ait besoin, c’est de libéraliser la vente de l’alcool et d’en réduire le prix et une démonstration claire que les données scientifiques sont plus fiables que les opinions.

À l’heure où les chantres de la privatisation de la SAQ et de la réduction des prix de l’alcool font plus que jamais entendre leur voix, ce rappel du fait que l’alcool n’est pas un produit comme un autre et que sa consommation excessive n’est pas sans conséquences vient à point nommé pour remettre les pendules à l’heure ».

Tels ont été les commentaires du directeur général d’Éduc’alcool, Hubert Sacy, à la publication de ces données qui montrent bien l’importance du contrôle de la vente et des prix de l’alcool, comme le recommandent à la fois l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Comité canadien sur la stratégie nationale de l’alcool.

Éduc’alcool ne partage pas nécessairement toutes les interprétations de l’INSPQ quoiqu’il le rejoigne sur les conclusions. Depuis des années, les ventes d’alcool pur per capita au Québec sont supérieures à la moyenne canadienne (8,5 litres c. 8,1 en 2015). Toutefois, comme le pourcentage de consommateurs d’alcool est de loin le plus élevé au pays (82,5 %), la consommation d’alcool y est inférieure à la moyenne canadienne (10,27 litres c. 10,67).

En outre, la consommation d’alcool a baissé au Québec depuis 5 ans et les plus récents résultats de l’Enquête canadienne sur le tabac, l’alcool et les drogues (ECTAD 2013) font ressortir que le Québec est la province où les buveurs respectent le plus les niveaux de consommation d’alcool à faible risque. C’est la seule province dont moins de 20 % des buveurs ont dépassé les limites hebdomadaires (19,7 %) et moins de 14 % ont dépassé les limites quotidiennes recommandées (13,7 %).

Il n’en demeure pas moins que ces pourcentages sont en hausse au Québec, particulièrement pour certains groupes, et qu’il importe plus que jamais de mener des actions combinées pour réduire la consommation excessive chez nous.

Éduc’alcool y a amplement contribué par ses campagnes de sensibilisation : de tous les Canadiens, les Québécois sont – et de très loin – ceux qui connaissent le mieux les niveaux de consommation à faible risque.

Mais il reste que, comme le révèlent toutes les recherches scientifiques, des prix d’alcool plus réglementés aident à réduire la consommation et les méfaits connexes, tandis que des prix d’alcool réduits contribuent à les augmenter. De plus, tous les experts du domaine de la prévention et des addictions sont formels : les sociétés d’État sont le moyen le plus efficace pour limiter les problèmes de consommation d’alcool.

« Plutôt que de se demander comment baisser les prix et privatiser encore plus la vente d’alcool, le gouvernement du Québec serait bien plus avisé d’apporter sa contribution pour réduire les problèmes de consommation excessive d’alcool », a conclu Hubert Sacy.