La formation au service responsable d’alcool obligatoire pour tous les serveurs

Éduc’alcool et le projet de loi 170 :

La formation au service responsable d’alcool obligatoire pour tous les serveurs et 5 autres amendements majeurs.

Québec, le 10 avril 2018 – La commission parlementaire sur le projet de loi 170 modernisant le régime juridique applicable aux permis d’alcool et modifiant diverses dispositions législatives en matière de boissons alcooliques s’est ouverte aujourd’hui avec la présentation d’Éduc’alcool qui a demandé six amendements majeurs afin d’accorder la priorité à la prévention, à la sécurité et à la santé publiques.

« Les intentions du gouvernement dans le projet 170 sont claires : lever des obstacles au commerce, alléger les contraintes à l’exploitation, libéraliser le marché, soulager les acteurs économiques; bref réduire au maximum les exigences envers l’industrie. Mais, à deux exceptions près, tout ce qui concerne la prévention est renvoyé à de possibles règlements à venir. Approuver le projet de loi 170 dans sa forme actuelle équivaudrait à signer un chèque en blanc dont on ne connait ni la date, ni le montant, ni le nom du bénéficiaire », a déclaré le directeur général d’Éduc’alcool, Hubert Sacy.

« Le projet de loi doit contenir plusieurs mesures essentielles pour, à tout le moins, équilibrer la libéralisation qu’il comporte avec des mesures de prévention, de santé et de sécurité publiques tout à fait essentielles, dont, au premier chef, l’obligation pour tous les serveurs de suivre la formation sur le service responsable de l’alcool, Action Service », a-t-il poursuivi.

Il était accompagné par Valérie Couturier, la serveuse qui, il y a 4 ans, avait été congédiée du restaurant où elle travaillait pour avoir voulu empêcher un client ivre de prendre le volant, incident qui avait ému tout le Québec et à l’issue duquel elle avait lancé un appel à rendre la formation Action Service obligatoire pour tous les serveurs.

Valérie Couturier invite les parlementaires à agir

« Mon congédiement a illustré la méconnaissance et l’absence de repères dans l’industrie de la restauration pour prévenir la conduite avec facultés affaiblies. Il est clair qu’il faut mieux outiller les serveurs d’alcool et les restaurateurs pour rendre naturelle une telle intervention. Si la formation Action Service était obligatoire pour tous, cela éviterait des problèmes. J’ai l’assurance que rendre obligatoire le cours Action Service développé par l’ITHQ ferait toute la différence sur le plan de la conduite avec facultés affaiblies », a-t-elle indiqué en implorant les parlementaires de passer sans délai à l’action. « Moi, j’ai fait ma part. Vous, vous pouvez agir maintenant. Ne manquez pas cette occasion unique de faire la vôtre », a-t-elle plaidé.

Dans une démonstration rigoureuse, le directeur général d’Éduc’alcool s’est attelé à détruire, un à un, les arguments fallacieux de ceux qui s’opposent à l’obligation pour tous les serveurs de suivre le cours de quatre heures. Il a interpelé le gouvernement lui demandant de justifier son refus d’adopter une mesure de prévention réclamée par tous les organismes compétents de ce domaine.

Cinq autres mesures essentielles

En plus de rendre Action Service obligatoire pour les serveurs, Éduc’alcool revendique 5 mesures qu’il considère essentielles :

1.- L’interdiction formelle, dans la loi, des promotions croisées qui – en offrant d’autres produits gratuitement ou à coût réduit à la condition d’acheter de la bière au prix minimum – permettent le contournement de ce prix minimum et des sanctions sévères pour sanctionner la délinquance.

2.- L’instauration du prix minimum (environ 1,70 $ le verre standard de 13,5 gr d’alcool) pour toutes les boissons alcooliques.

3.- L’attribution à la RACJ, dans la loi, de personnel de recherche et d’enquête dédié pour faire respecter les lois et réglements.

4.- L’adoption d’amendements au Règlement sur la promotion, la publicité et les programmes éducatifs en matière de boissons alcooliques pour, à tout le moins, y inclure les dispositions du Code d’éthique de l’industrie québécoise des boissons alcooliques, notamment l’interdiction du sexisme et de l’exploitation de la sexualité dans la publicité et les promotions des boissons alcooliques, des restaurants et des bars.

5.- L’établissement d’un modèle d’équité pour tous les fabricants dans l’application du Règlement sur la promotion, la publicité et les programmes éducatifs en matière de boissons alcooliques.

« Nous croyons que le gouvernement et l’Assemblée nationale du Québec ont une occasion en or de démontrer l’importance qu’ils accordent à la prévention des problèmes liés à la consommation excessive d’alcool et de réduire les méfaits résultants de la surconsommation. Nous espérons qu’ils prendront résolument le parti du gros bon sens et qu’ils feront passer la sécurité et l’intérêt publics des Québécois avant les intérêts privés d’une petite minorité », a conclu Hubert Sacy.