La rigueur aussi a bien meilleur goût

Montréal, le 6 février 2016 – Il est reconnu que les chroniqueurs ont une grande liberté d’expression. Ils ont le privilège de publier des textes d’humeur, de parler de leurs états d’âme, de s’épancher sur le sujet de leur choix et même d’être foncièrement injustes dans leurs propos.

Ainsi, dans sa chronique intitulée « La modération a bien meilleur goût », publiée ce matin, M. Cardinal a parfaitement le droit de penser que c’est monstrueux de recommander aux hôtes d’attendre que les verres de leurs invités soient vides avant de les resservir. C’est ce qu’ils font d’ailleurs pour la nourriture. Permettre aux gens de compter le nombre de verres qu’ils boivent serait une intrusion intolérable dans leur vie privée.

Passe encore aussi qu’il considère que nos efforts pour contrer le mythe selon lequel boire de manière excessive serait sans conséquence lorsque l’on ne conduit pas sont aussi criminels que la conduite avec les facultés affaiblies. Nous sommes encore au niveau de l’opinion.

Enfin, le chroniqueur a aussi le droit d’ignorer totalement toutes les explications qui lui ont été données pour justifier les choix que nous avons faits et priver ainsi les lecteurs de cette information. Il peut même faire état de son ignorance de ce que nous faisons depuis des années s’il vient tout juste de le découvrir.

Là où ça ne marche plus c’est quand, la seule fois où il cite un des objectifs de notre campagne, celui-ci se voit déformé.

En effet, ce n’est pas « pour réduire les niveaux de consommation à faible risque » que nous faisons cette campagne, comme il nous le fait dire. C’est pour contribuer à réduire le nombre d’occasions où près de 40% des Québécois dépassent les limites recommandées. Les niveaux de consommations à faible risque demeurent les mêmes et il n’est pas question de les réduire.

M. Cardinal nous a sans doute mal compris et sa bonne foi n’est pas en cause. Mais il est fondamental de respecter les propos tenus, car, même dans les chroniques, la rigueur a bien meilleur goût.

Hubert Sacy
Directeur général
Éduc’alcool