L’alcool en poudre : un désastre en matière de prévention et un danger pour les plus vulnérables

Éduc’alcool considère l’autorisation qui vient d’être donnée par les États-Unis de produire et de commercialiser l’alcool en poudre comme un véritable désastre en matière de prévention et un immense danger pour les personnes les plus vulnérables de la société. L’organisme réagit à la décision de l’Alcohol and Tobacco Tax and Trade Bureau (TTB) de permettre la production et la vente des produits dits Palcohol, malgré le fait que de multiples États, dont l’Ohio, le Colorado et New York, l’aient interdit et que de multiples autres s’apprêteraient à le faire.

« Indépendamment de la question du contrôle de la qualité de ce produit, le seul fait que sa production et sa commercialisation soient autorisées est un danger en soi. N’importe qui – y compris des mineurs – pourra se procurer de l’alcool en poudre par Internet, se le faire poster et livrer sans la moindre entrave. Comme aucun contrôle des prix du Palcohol ne sera possible, cela se traduit par une accessibilité accrue, ce qui est particulièrement préoccupant », a déclaré Hubert Sacy, directeur général d’Éduc’alcool.

Éduc’alcool formule également de nombreuses craintes quant à la commercialisation et à la promotion de l’alcool en poudre. De fait, la compagnie qui en a obtenu l’autorisation a déjà affirmé qu’on pourrait l’emporter facilement au cinéma, à des concerts ou à des évènements sportifs pour éviter de payer le gros prix sur place. Elle recommandait même de le saupoudrer directement sur de la nourriture.

« Pire encore, après avoir proposé à ses futurs clients, sur son site web, de renifler la poudre comme de la cocaïne, l’entreprise a révisé sa position et annoncé qu’il n’est pas recommandé de le renifler. Dans sa rétractation, elle a indiqué que ce n’est pas un moyen responsable ou intelligent de consommer le Palcohol. Elle a également signalé à ses usagers potentiels qu’ils auraient très mal au nez en plus de n’en tirer aucun bénéfice. Pour bien des jeunes, c’est le meilleur moyen pour qu’ils le fassent » a ajouté Hubert Sacy.

« Il est extrêmement difficile, voire impossible de contrôler la vente et l’usage de ce produit et il ne suffit pas qu’il ne soit pas mis en vente chez nous pour qu’il ne se retrouve pas dans les mains des jeunes et des personnes les plus vulnérables. C’est pourquoi il importe au plus haut point de sensibiliser tant les parents que les jeunes aux immenses dangers de ce produit. La réprobation sociale doit absolument contribuer à en limiter les dégâts », a conclu Hubert Sacy.