Les Estriens : consommateurs plus modérés, mais conducteurs plus délinquants

Sherbrooke, le 1er août 2019 – Les Estriens ont une meilleure relation à l’alcool que la moyenne des Québécois : ils consomment moins de manière excessive et rapportent moins de problèmes liés à leur consommation. Le bilan est toutefois moins bon en matière d’alcool au volant puisqu’ils conduisent davantage avec une alcoolémie supérieure à la limite légale, leur région étant une de celles où l’on voit et où l’on traverse le moins de barrages policiers.

Voilà quelques-uns des faits saillants qui ressortent de la section Estrie de la plus vaste enquête jamais faite sur la relation de chacune des régions du Québec avec l’alcool menée par CROP tous les deux ans pour le compte d’Éduc’alcool.

CITATION 

« Buveurs généralement modérés et moins problématiques que la moyenne, les Estriens ont plus tendance que les autres Québécois à conduire avec les facultés affaiblies. D’ailleurs, on voit moins de barrages policiers en Estrie qu’ailleurs au Québec. Chapeau aux consommateurs donc, mais drapeau jaune pour les conducteurs. Il serait important de renforcer la présence de barrages, car un relâchement de ce côté mène à l’augmentation de la conduite avec facultés affaiblies. »

- Hubert Sacy, directeur général d’Éduc’alcool

LES RÉSULTATS DE SONDAGE EN BREF

  • Les habitudes de consommation : Les habitudes de consommation des Estriens sont semblables à celles des autres Québécois.
    • 85 % des gens sondés ont affirmé avoir bu de l’alcool au cours des 12 derniers mois ; exactement le même pourcentage que le reste du Québec ;
    • Les résidents de l’Estrie sont cependant significativement moins nombreux à considérer que leur consommation a un impact sur leur vie de famille (2 % c. 6 % au Québec) ;
    • Les Estriens consomment en moyenne 1,8 fois par semaine, ce qui se situe juste sous la moyenne québécoise (1,9).
  • La consommation excessive : Les résidents de l’Estrie sont moins nombreux à boire de manière excessive et ils sont dans la moyenne québécoise pour ce qui est du respect des limites de consommation recommandées.
    • En effet, 50 % affirment avoir consommé de manière excessive au moins une fois au cours de la dernière année (c. 55 % au Québec) ;
    • 34 % disent avoir dépassé les limites recommandées une fois par mois ou plus souvent au cours de la dernière, ce qui est égal à la moyenne québécoise.
  • La conduite et l’alcool en Estrie : Les Estriens sont moins nombreux que la moyenne québécoise à avoir vu ou traversé un barrage policier en matière d’alcool au volant au cours de la dernière année.
    • 21 % en ont vu un (c. 26 % au Québec) alors que 16 % en ont traversé un (c. 21 % au Québec) ;
    • 58 % affirment avoir conduit après avoir consommé de l’alcool à l’intérieur de la limite permise (c. 51 % au Québec), alors que 9 % affirment avoir conduit un véhicule après avoir consommé au-delà de la limite permise (c. 8 % au Québec).
  • Les perceptions quant à l’alcool et la conduite : Moins nombreux à avoir vu ou à  avoir traversé un barrage, les Estriens croient logiquement moins probable que le reste du Québec de se faire intercepter pour l’alcool au volant.
    • 46 % des résidents de la région croient en effet probable de se faire intercepter par un barrage policier pour l’alcool au volant (c. 48 % au Québec);
    • 16 % croient qu’il est criminel de conduire après avoir consommé un seul verre d’alcool, ce qui est tout juste sous la moyenne québécoise (17 %) ;
    • 28 % jugent la limite d’alcool pour conduire pas assez sévère (27 % au Québec).
  • L’alcool et le cannabis : Les Estriens sont plus nombreux à fumer du cannabis, mais moins nombreux que la moyenne à le mélanger avec l’alcool.
    • 20 % des résidents de l’Estrie consomment du cannabis (c. 18 % au Québec) ;
    • 19 % de ces consommateurs (donc 3,8 % de la population estrienne) mélangent alcool et cannabis, ce qui est plus bas que la moyenne québécoise (24 %).
  •  Éduc’alcool dans la région : Ce qui n’est rien pour déplaire à Éduc’alcool, l’organisme est connu et reconnu en Estrie.
    • 93 % des résidents connaissent le slogan de l’organisme, La modération a bien meilleur goût, ce qui est plus élevé que la moyenne québécoise qui se situe déjà à 90 % ;
    • La crédibilité d’Éduc’alcool s’élève à 92 % dans la région, ce qui est équivalent à la moyenne québécoise.

Cette enquête se distingue sous plusieurs aspects :

  • Il s’agit de la première enquête révélant les pourcentages de consommateurs qui fument du cannabis en même temps qu’ils boivent de l’alcool. C’est une donnée tout à fait nouvelle.
  • C’est le plus vaste échantillon jamais établi dans un sondage de la sorte avec 6 732 entrevues, dont un minimum de 350 répondants par région, réduisant ainsi considérablement la marge d’erreur régionale. Il s’agit donc d’un sondage fiable, d’une précision inégalée.
  • Un changement de méthodologie effectué dans cette nouvelle mouture du sondage ne permet pas de comparer ces résultats avec ceux des années précédentes. En effet, alors que les enquêtes de 2015 et de 2017 étaient réalisées au téléphone, en 2019, les deux tiers (4 592) l’ont été sur le Web et un tiers (2 140) par téléphone. La barrière du jugement perceptuel étant levée sur le Web, on peut observer dans toutes les régions du Québec une hausse des pourcentages des réponses en lien avec les niveaux de consommation. Malgré ce changement, la comparaison entre les régions est parfaitement fiable sur une même année et les rangs par rapport à la moyenne québécoise à travers les années sont parfaitement valides.

Source : Éduc’alcool

Information et entrevue:
Élizabeth Hallée-Lamarche
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