Non, la SAQ n’est pas qu’une machine à faire de l’argent

Dans ses éditions des 14 et 15 novembre, La Presse+ nous assène, coup sur coup, deux textes qui perpétuent une fausseté à laquelle, à force de la répéter, ses auteurs mêmes semblent finir par croire : la SAQ ne serait qu’une vache à lait du gouvernement du Québec, une machine à imprimer des billets de banque et ce que n’est sur cette base qu’il faut juger sa performance.

M. Robert Gagné, qui avait déjà sévi dans le rapport Robillard et dont l’incompréhension du domaine de la santé publique et de la prévention est abyssale, jette l’anathème sur la société d’État sur ce seul fondement. Et d’affirmer – sans rire – que pour lui, l’alcool, c’est comme les tondeuses à gazon.

Puis, M. Francis Vailles, catégorique, nous fait ce qu’il qualifie de rappel lucide : « La vente d’alcool est strictement une activité commerciale, dont l’objectif ultime est de rapporter au gouvernement le meilleur dividende ». Strictement, vraiment ?

Non. Le mandat de la SAQ n’est pas de n’être qu’une vache à lait du gouvernement. Certes, ses 1,067 milliards de dollars de profits sont versés à l’État, et donc aux services publics, plutôt qu’à des actionnaires privés. Mais le mandat de la SAQ ne s’y limite pas.

Son mandat est de trouver l’équilibre entre la satisfaction des consommateurs, les dividendes à verser à l’État et l’établissement de prix qui ne soient pas trop bas pour éviter les problèmes de consommation excessive, d’intoxication et de dépendance.

Les Sociétés d’État dans le domaine de l’alcool ont aussi un mandat de santé publique qui fait partie intégrante de leur mission. Toute la littérature scientifique le démontre. L’Organisation mondiale de la santé l’affirme. Le Conseil national de la stratégie de l’alcool au Canada le réitère.

Il serait grand temps que certains commencent à s’en rendre compte.