Alcool et lendemains de veille

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Les symptômes du lendemain d’ivresse

Lendemains de veille

Dans la littérature scientifique, la veisalgie du lendemain d’ivresse est habituellement décrite comme un inconfort généralisé qui se manifeste dans une constellation hétérogène de symptômes biologiques, physiologiques et affectifs. La sévérité de ces symptômes peut être assez prononcée pour engendrer des problèmes fonctionnels chez ceux qui les ressentent. Les malaises apparaissent quand la concentration d’alcool dans le sang amorce sa descente. Ils sont à leur point culminant quand elle est redescendue à zéro. L’inconfort associé à la veisalgie dure rarement plus de 24 heures.

Les symptômes de la veisalgie sont associés au taux d’alcoolémie qui dépend essentiellement de trois facteurs : le temps, le poids et le sexe. La distribution de l’alcool dans le sang est influencée par le rapport entre masse maigre et masse grasse de l’organisme, ce qui expliquerait que, pour un poids équivalent, on note des variations dues aussi à l’âge et à l’adiposité du sujet. Le calcul du taux d’alcoolémie est donc approximatif.

Les symptômes de veisalgie les plus fréquemment rapportés se déclinent en huit grandes catégories :

  1. Effets généraux : fatigue, accablement, détresse et grande sensation de soif.
  2. Symptômes nociceptifs : douleurs et crampes musculaires, ainsi que des maux de tête.
  3. Désordres gastro-intestinaux : perte d’appétit, maux de ventre, nausée, vomissements et diarrhée.
  4. Activité accrue du système nerveux sympathique : augmentation de la pression artérielle systolique, battements de cœur rapides (tachycardie), palpitations, tremblements et sueurs.
  5. Symptômes sensorio-perceptifs : hypersensibilité aux sons et à la lumière, étourdissements.
  6. Sommeil : diminution du temps de sommeil général et paradoxal et, à l’inverse, augmentation du sommeil à ondes lentes.
  7. Atteintes cognitives : réduction de l’attention, de la concentration et de la mémoire à court terme
  8. Atteintes psychopathologiques : difficultés visuo-spatiales importantes, déficit des habiletés psychomotrices, et impression marquée d’anxiété, de dépression et d’irritabilité

Les causes du lendemain de veille

Le phénomène de la veisalgie du lendemain d’ivresse est possiblement un des sujets de l’alcoologie les moins bien documentés. Sur la base des travaux réalisés à ce jour, il est actuellement possible de proposer deux grandes catégories d’explications au lendemain de veille. Il y a d’abord les causes indirectes qui sont les carences en eau, en sucre et les carences de sommeil qu’entraîne la consommation abusive. Il y a ensuite une cause directe qui est la production d’acétaldéhyde.

1. Carences en eau, en sucre et carences de sommeil

La consommation excessive d’alcool agresse à peu près toutes les parties du corps et les organes attaqués sont poussés à se défendre. Or, ces mécanismes de défenses physiologiques provoquent une déshydratation et une insuffisance de glucose.

Ce sont ces carences en eau et en sucre qui expliquent particulièrement l’inconfort du lendemain de veille.

Déshydratation

Évidemment, la grande sensation de soif est le résultat de la déshydratation. Les douleurs musculaires et les maux de tête le sont aussi. En effet, lorsqu’il est déshydraté, le corps va puiser de l’eau dans certains organes, dont le cerveau. On observe alors une atrophie du cerveau, ainsi qu’une réduction de taille des méninges (enveloppes protectrices entourant le cerveau).

C’est leur atrophie qui provoque les maux de tête. Le corps déshydraté présente aussi un manque important d’électrolytes, ce qui pourrait expliquer les crampes et les douleurs musculaires qui sont habituellement ressentis lors d’un lendemain de veille.

Diminution de la concentration de glucose

Bon nombre des symptômes du lendemain de veille sont également ceux de l’hypoglycémie. Cela n’est pas un hasard. En effet, la majeure partie de l’alcool consommé est transformée par le foie. Ce faisant, le foie, dont une des caractéristiques les plus remarquables est sa production de glucose, ne parvient plus à remplir cette fonction vitale. Or, le glucose est la principale source d’énergie du métabolisme et la principale substance susceptible de faire défaut au cerveau. Une carence en glucose entraîne des perturbations et un fonctionnement anormal du cerveau. Voilà pourquoi, dans les heures suivant la prise d’alcool, ceux qui ont trop bu ressentent de la faiblesse, de la fatigue, des vertiges, de l’anxiété, de l’accablement, des difficultés de concentration, des troubles visuels, etc.

Perturbation du sommeil

D’autres chercheurs ont démontré que le lendemain d’une cuite, une des principales raisons au fait que les gens se sentent mal est le manque de sommeil causé par la consommation abusive d’alcool. Si l’alcool peut, en effet, aider à tomber endormi, il modifie le cycle du sommeil. Plus précisément, l’alcool peut causer de l’insomnie, des éveils à répétition et exacerber les troubles du sommeil. Cela explique pourquoi le lendemain d’une consommation excessive d’alcool, il y a risque de se sentir fatigué et de ne pas être en pleine possession de ses capacités cognitives. Il n’y a pas de bon sommeil après une cuite.

2. La production d’acétaldéhyde

Nous l’avons mentionné, la majeure partie de l’alcool consommé est transformée par le foie. Lors de cette métabolisation, le foie produit l’enzyme alcool déshydrogénase qui transforme l’alcool en acétaldéhyde, une substance très toxique. À haute concentration, l’acétaldéhyde a des effets sur l’ensemble de l’organisme. Cela provoque notamment des rougissements du visage, des sueurs, de la nausée, des vomissements et de la tachycardie. Étant donnée la ressemblance entre ces symptômes et ceux de la veisalgie du lendemain d’ivresse, des auteurs avancent que l’inconfort du lendemain de veille est le résultat direct de la métabolisation hépatique de l’alcool.

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