Alcool et risque de cancer

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Alcool et cancer

Publication scientifique sur l’alcool et le risque de cancer :

NI BANALISER, NI TERRORISER

Le lien entre l’alcool et le cancer revêt une dimension toute particulière en raison de la crainte que provoque cette maladie et de la charge émotive qu’elle comporte. C’est pourquoi Éduc’alcool l’aborde avec nuance et rigueur dans sa publication Alcool et risque de cancer.

De fait, il est démontré que l’alcool augmente le risque de sept types de cancers, mais il s’agit d’un risque relatif affectant les personnes de manière différente selon de nombreux facteurs. De plus, la santé est complexe et ne se réduit pas à l’unique risque de développer ou non un cancer. Toutefois, à qui s’intéresse exclusivement à la prévention des cancers, il est recommandé de réduire autant que possible sa consommation d’alcool. Pour tous les autres, boire en respectant les niveaux de consommation d’alcool à faible risque demeure assurément un choix raisonnable, car la modération a toujours bien meilleur goût.

Il est vrai que près d’un Québécois sur deux fera face au cancer au cours de sa vie et que plusieurs fausses croyances concernant le cancer sont encore véhiculées auprès de la population. Il importe donc de fournir une information complète, sérieuse et rigoureuse sur le lien entre l’alcool et les risques de cancer, et de le faire, de manière sereine, qui fait la part entre le risque relatif et le risque absolu, sans banaliser, ni terroriser.

Aussi la publication d’Éduc’alcool démontre-t-elle le risque qui existe de développer certains types de cancer selon la quantité d’alcool consommée. Elle explique les mécanismes biologiques mis en place par l’alcool, qui influent sur les risques de cancer. Elle présente également divers facteurs de risque pouvant augmenter le lien entre l’alcool et le cancer, pour finalement traiter des effets de l’alcool sur les risques de cancer, selon les différents profils de consommation. Elle a été révisée par le Dr. Philippe Sauthier, Chef du Département d’obstétrique-gynécologie du CHUM, adjoint médical du Centre intégré de cancérologie, professeur agrégé à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal et administrateur de la Fondation québécoise du cancer qui s’est associée à Éduc’alcool pour la diffusion de cette monographie.

Risque relatif et risque absolu

En 2017, il y a eu 206 200 nouveaux cas de cancer et 80 800 décès causés par cette maladie au Canada. De ce nombre, on estime que l’alcool est associé 10 310 nouveaux cas de cancer, soit 5 % des cas, et à 3 636 décès par cancer, soit 4,5 % des cas.

Une mise en garde s’impose toutefois pour prendre la juste mesure des effets de l’alcool. De fait, en sciences, il est fondamental de distinguer une association d’une causalité et un risque relatif d’un risque absolu.

Ainsi, les cas de cancer de la cavité buccale et du pharynx ont la plus forte augmentation du risque selon la consommation d’alcool. Prendre en moyenne un verre d’alcool par jour augmente le risque de décès lié au cancer de la cavité buccale et du pharynx de 42 % et prendre deux verres par jour augmente ce risque de 96 %. Mais le risque de décès de ces deux types de cancer chez les gens de moins de 70 ans est de 0,2 à 0,5 %. Ces augmentations relatives de 42 % et de 96 % signifient donc que les consommateurs accroissent de 0,5 % à 0,71 % leur chance d’être atteints de ce type de cancer s’ils boivent un verre par jour et à 0,98 % s’ils boivent deux verres par jour.

Facteurs de risque multiples

La publication souligne aussi que le risque de cancer chez les consommateurs de boissons alcoolisées varie selon le profil génétique. L’alcool semble interagir avec divers facteurs de risque extérieurs. Enfin, les profils de consommation prennent toute leur importance. La quantité d’alcool qu’on boit, ce qu’on boit et la manière dont on boit sont ainsi des éléments susceptibles d’avoir une influence sur la santé.

Le cancer peut donc apparaître à la suite d’une interaction entre des facteurs génétiques propres à un individu et une variété d’agents cancérigènes extérieurs. L’association entre alcool et risque de cancer doit donc avoir lieu sachant que le cancer n’est pas une maladie qui a une cause unique.

Enfin, indique Éduc’alcool, toute recommandation en matière de santé et de consommation d’alcool doit se faire à la lumière de données épidémiologiques et de preuves concernant l’ensemble des maladies connues, en partie causées par l’alcool. Cela comprend évidemment les cancers, mais aussi d’autres maladies comme le diabète, la pancréatite et les maladies cardiovasculaires. En ce qui concerne ces dernières, plusieurs données ont démontré que consommer de manière excessive – par rapport à ne pas consommer – augmente le risque de maladie coronarienne, mais que consommer avec modération réduit ce risque.

Disponibilité de la publication

« Alcool et risque de cancer » peut être téléchargée à partir du site Internet d’Éduc’alcool et de celui de la Fondation québécoise du cancer. On peut aussi la recevoir sans frais en communiquant avec Éduc’alcool au 1-888-ALCOOL1. Elle est également disponible dans les bureaux de la FQC, dans les hôpitaux, les CLSC et les succursales de la Société des alcools du Québec.

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