L’alcool et les mélanges
Du mélange heureux au danger sévère

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Feu orange : la vigilance s’impose

Alcool et café

Consommé avec modération, le mélange alcool-café n’est pas contre-indiqué. Par contre, une personne peut parfois prendre du café avec de l’alcool après avoir trop bu, pour tenter de masquer les symptômes de l’intoxication.

Cependant, des études ont démontré les effets antagonistes de la caféine et de l’alcool. Chez un individu, la caféine permet d’atténuer légèrement les effets de l’ébriété pour qu’il puisse accomplir certaines tâches psychomotrices. Cela étant dit, boire du café après avoir consommé de l’alcool ne permet aucunement de rétablir l’ensemble des facultés nécessaires à la conduite d’un véhicule motorisé. De fait, la quantité de café consommée n’influence nullement le taux d’alcoolémie.

Le mélange alcool-café appelle donc à la vigilance, puisqu’il peut engendrer de fâcheuses conséquences, notamment en matière de conduite automobile ou de toute autre activité exigeant une grande attention.

Alcool et boisson énergisante

Ces dernières années, des parts de marché des boissons gazeuses ont été perdues au profit des boissons énergisantes. On consomme ces boissons pour les mêmes raisons qu’on boit du café, soit pour l’effet stimulant qu’elles procurent. Ces boissons contiennent de la taurine, du glucuronolactone et l’équivalent d’une tasse de café de caféine, soit 80 mg. La consommation des boissons énergisantes est toutefois différente de celle du café. Comme les boissons énergisantes sont consommées froides et qu’elles sont emballées pour la consommation rapide, les effets de la caféine sont ressentis beaucoup plus rapidement qu’avec le café, généralement servi chaud et bu plus lentement.

Impacts sur la consommation

Puisque la personne qui mélange alcool et boisson énergisante le fait souvent pour réduire le goût déplaisant de l’alcool, il faut s’attendre à ce que ce mélange accroisse la vitesse d’ingestion et les quantités consommées par occasion. On rapporte aussi20 que la personne qui mélange alcool et boisson énergisante boit habituellement davantage que celle qui ne mélange pas, soit 5,8 verres par rapport à 4,5; de même, cette personne dit consommer une quantité maximale par occasion de 8,3 verres par rapport à 6,1 verres pour qui ne mélange pas; elle a deux fois plus d’épisodes hebdomadaires d’intoxication, soit 1,4 par rapport à 0,73 pour qui ne mélange pas.

Déshydratation

Une mise en garde doit aussi être formulée quant aux risques de déshydratation créés par ce mélange. Comme la caféine et l’alcool sont des diurétiques, ils inhibent la réabsorption de l’eau par le rein et augmentent son élimination. Ce phénomène provoque une réaction en chaîne : plus on boit de l’alcool, plus on a soif. Le véritable risque est de continuer à boire de l’alcool – et non de l’eau –, ce qui augmente la soif et la déshydratation. Dans un contexte de fête et de danse où il fait particulièrement chaud, la consommation conjointe d’alcool et de boisson énergisante augmente donc la déshydratation. Les symptômes d’un lendemain de veille – mal de tête, inconfort généralisé et grande fatigue – sont tous liés à la déshydratation.

MISE EN GARDE !

Il faut être extrêmement prudent lorsqu’on achète des boissons énergisantes, car certaines sont pré-mélangées à de l’alcool. Par conséquent, des personnes qui n’auraient pas l’intention de mélanger l’alcool à leur boisson énergisante pourraient boire un mélange alcoolisé à leur insu. De plus, certaines entreprises qui produisent ce nouveau type de boisson alcoolisée ont même créé des emballages semblables à ceux des boissons énergisantes non alcoolisées.

Alcool et jeux de hasard et d’argent

Il existe une relation causale entre la consommation abusive d’alcool et le jeu pathologique. Il y a davantage de joueurs pathologiques parmi les individus qui consomment abusivement qu’au sein de la population en général. Réciproquement, on observe que les joueurs pathologiques sont plus à risque de consommer abusivement que ce qui est observé au sein de la population en général.

La consommation abusive d’alcool et le jeu pathologique sont tous deux des comportements de dépendance qui indiquent une perte de contrôle et qui engendrent des pensées obsessionnelles à l’égard de l’alcool ou du jeu. En dépit de la prise de conscience des conséquences néfastes qu’ont ces habitudes, les personnes dépendantes maintiennent leurs comportements abusifs.

Tant chez les individus qui consomment abusivement de l’alcool que chez ceux qui jouent de façon pathologique, on observe des changements dans les centres du cerveau qui sont responsables du plaisir et des émotions. Les deux comportements accompagnent un dérèglement des mécanismes neurobiologiques qui sous-tendent les pulsions et les récompenses.

Des études cliniques ont mis en lumière la limite des explications génétiques et souligné la nécessité de s’intéresser également aux facteurs contextuels. On explique la comorbidité de la consommation abusive d’alcool et du jeu pathologique par le fait que la consommation abusive d’alcool désinhibe le jeu pathologique. Il arrive souvent que l’on s’adonne à des jeux de hasard et d’argent en consommant de l’alcool.

Les personnes dont l’alcoolémie est élevée seraient moins aptes à évaluer les chances réelles de gains et seraient moins portées à se remémorer les pertes subies dans le passé. Les explications contextuelles viennent compléter les observations faites par imagerie cérébrale.

MISE EN GARDE !

Les individus qui apprécient les jeux de hasard et d’argent devraient éviter d’y consommer de l’alcool. Le mélange alcool-jeu accroît les risques de jouer de façon inappropriée, voire pathologique.

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