L’alcool et les mélanges
Du mélange heureux au danger sévère

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Feu rouge : attention !

Alcool et tabac

Les données recueillies auprès de l’ensemble de la population montrent que les fumeurs consomment plus d’alcool que les non-fumeurs, que les consommateurs d’alcool fument plus que les abstinents, que la consommation abusive d’alcool est associée à une grande consommation de tabac et qu’une grande majorité d’alcooliques fume. L’alcool et le tabac sont deux produits qui semblent s’appeler l’un l’autre pour former un couple. Trois explications ont été apportées pour rendre compte de cette corrélation entre consommation d’alcool et tabagisme.

  • Tous deux ont des facteurs de risque contextuels similaires, c’est-à-dire qu’ils sont tous les deux associés à des moments de répit. Jusqu’à tout récemment, alcool et tabac étaient les principaux produits disponibles dans les endroits de loisirs.
  • La consommation d’alcool et celle du tabac ont aussi les mêmes facteurs de risque génétiques et psychiatriques.
  • Ce qui étonne dans le mélange alcool-tabac est l’association entre la consommation épisodique d’alcool et la consommation occasionnelle de tabac. Bon nombre de fumeurs sociaux ou de fumeurs de fin de semaine développent une envie soudaine et aiguë d’une cigarette lorsqu’ils consomment de l’alcool de façon abusive. De la même façon, celui qui a cessé de fumer a souvent le malheur de recommencer lors d’une soirée bien arrosée. Ces phénomènes sont dus à l’interaction pharmacologique entre l’alcool et le tabac, qui se manifeste par un intense besoin physique de fumer, un état de manque.

Alcool et drogues

Ce sont surtout les toxicomanes qui mêlent l’alcool aux drogues ou aux médicaments obtenus de façon illicite. Dans la population en général, ceux qui recherchent des sensations fortes, notamment les jeunes – dont le goût pour les nouvelles expériences est prononcé –, risquent de faire ce type de mélange dangereux. Le mélange alcool-drogue est généralement fait pour augmenter les effets agréables d’une substance ou pour en diminuer les effets désagréables, comme l’anxiété ou la somnolence. Peu importe d’ailleurs les raisons pour lesquelles un individu mêle alcool et drogue, ce mélange crée une interaction pharmacologique pouvant s’avérer extrêmement dangereuse, voire mortelle.

Un des grands dangers du mélange alcool-drogue est que ses effets sont impossibles à prédire. Les facteurs susceptibles d’en influencer les effets sont si nombreux qu’il est impossible de les considérer simultanément avec exactitude. Ils dépendent, par exemple, du mélange même, de la dose, de la voie d’administration, de l’ordre d’administration, du contexte socioculturel ainsi que de l’âge, du sexe, du poids, de l’état nutritionnel, de l’état de santé et de l’état psychologique du consommateur.

Alcool et médicaments

Certains médicaments, notamment ceux qui sont en vente libre, comme les analgésiques, sont susceptibles de réduire l’élimination de l’alcool, d’en accroître les effets, de les masquer ou de provoquer des réactions imprévisibles. À l’inverse, l’alcool peut atténuer l’efficacité des médicaments ou en gêner l’élimination. Les personnes qui prennent des médicaments doivent s’informer des contre-indications avant de consommer les deux simultanément. Il faut garder en mémoire que tant l’alcool que les médicaments sont éliminés par le foie et que, en règle générale, il est préférable de s’abstenir de consommer si l’on doit prendre des médicaments.

Alcool et canabis

Il existe une synergie renforçatrice entre l’alcool et le cannabis, ce qui signifie que les effets dépresseurs de l’alcool et ceux du cannabis sont multipliés. Le jugement, le temps de réaction et la coordination sont évidemment touchés, la conduite automobile est donc absolument contre-indiquée.

Comme le cannabis affecte la partie du tronc cérébral associée aux sensations viscérales que sont les nausées et le vomissement, la combinaison alcool et cannabis peut s’avérer particulièrement dangereuse, voire mortelle. En effet, lorsqu’une personne consomme trop d’alcool et qu’elle risque l’empoisonnement, sa réaction naturelle est de vomir. En éliminant le réflexe de vomir, le cannabis augmente le risque d’empoisonnement éthylique.

Alcool et autres drogues illicites

Dans la population en général, seuls 2,5 % des Québécois consomment de la cocaïne, du speed, de l’ecstasy ou d’autres hallucinogènes. Il faut décourager ceux-ci de mêler l’alcool à des narcotiques, des stimulants ou des hallucinogènes.

Ces mélanges peuvent créer un antagonisme où les propriétés d’une substance risquent de supprimer ou d’atténuer les effets de l’autre. Cela engendre de graves conséquences, puisque la personne devient alors incapable de percevoir les effets d’une substance sur son organisme. En d’autres mots, quoique l’état d’euphorie soit moins prononcé, les effets physiques sur divers organes et fonctions ne le sont pas moins. En mêlant l’alcool à des stimulants, il peut se créer une synergie additive qui augmente les risques d’overdose de l’une ou l’autre des substances. Par exemple, consommer de l’alcool avec un stimulant comme la cocaïne accroît la vitesse à laquelle l’alcool se diffuse dans le corps, donc la vitesse à laquelle il parvient au cerveau. Ce qui a pour effet d’augmenter significativement la concentration d’alcool dans le sang, c’est alors comme si la personne avait bu très rapidement.

Feu violet : danger grave

Malgré l’ensemble des facteurs aggravants ou atténuants, il est indéniable qu’un des mélanges alcool-drogue les plus dangereux est celui où l’alcool – qui est un sédatif – est pris conjointement avec un autre sédatif, c’est-à-dire un barbiturique, une benzodiazépine ou un antihistaminique.

On trouve des sédatifs comme le PCP (mescaline, mess, horse, angel dust, TH) et de la kétamine (Spécial K, vitamine K, ket, ketty) chez les vendeurs de rue. Lorsque l’alcool est combiné à ce type de psychotrope, il se crée une synergie renforçatrice, ce qui signifie que la combinaison des effets dépresseurs est plus grande que la somme de ces effets pris séparément. Ce type de combinaison peut engendrer une dépression extrême du système nerveux central pouvant aller de la confusion jusqu’à l’inconscience et la mort.

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