Les effets de la consommation abusive d’alcool

Voir la publication

Les effets de la consommation abusive d’alcool sur les organes internes

Qu’ils aient un problème de dépendance à l’alcool ou de consommation excessive, les alcooliques risquent d’endommager à peu près tous les organes internes de leur corps.

schema corps humain 3D
Foie

Parmi les complications physiques dues à l’abus d’alcool, les maladies du foie sont les plus fréquentes. Parce que le foie est le grand responsable de la transformation de l’alcool ingéré, les intoxications ont inévitablement des répercussions hépatiques.

Lorsqu’on consomme trop d’alcool pour les capacités de notre foie, il en résulte des lésions qui vont de l’accumulation relativement bénigne de graisses (stéatose hépatique) à l’inflammation (hépatite alcoolique) et ultimement à la cirrhose.

La stéatose hépatique et l’hépatite alcoolique sont réversibles et elles peuvent même régresser sans laisser de séquelles, s’il y a sevrage d’alcool. Par contre, si la consommation d’alcool est maintenue, environ le quart des cas évoluera vers une hépatite sévère ou une cirrhose, qui sont des pathologies graves. Dans les cas d’hépatite alcoolique sévère ou de cirrhose, la survie à 5 ans varie de 20 à 60 %.

La toxicité de l’alcool sur le foie peut s’exprimer à partir de doses qui sont considérées comme modérément excessives. Le seuil de consommation au-delà duquel le risque de cirrhose devient important se situe autour de 30 grammes d’alcool par jour (3 verres) chez la femme et de 50 grammes d’alcool (5 verres) chez l’homme, pendant une durée d’au moins 10 ans chez les femmes et d’au moins 15 ans chez les hommes.

Pancréas

Dans 80 à 90 % des cas, l’alcool est la cause de la pancréatite, dans ses formes aiguë ou chronique. Si la pancréatite aiguë autorise un retour à un fonctionnement normal, la pancréatite chronique cause des cicatrices permanentes qui engendrent un mauvais fonctionnement durable du pancréas et une suite possible de complications multiples.

La pancréatite aiguë est souvent annonciatrice de la pancréatite chronique. Lorsque quelqu’un consomme régulièrement et de façon abusive, le pancréas est agressé de façon continue. Il s’ensuit une inflammation permanente du pancréas susceptible d’aboutir à l’insuffisance de fonctionnement du pancréas exocrine, soit de la partie glandulaire du pancréas.

La pancréatite aiguë suit généralement une digestion du pancréas par lui-même (autodigestion) et aboutit progressivement à une inflammation. Les principaux symptômes de la pancréatite aiguë sont des douleurs abdominales et des vomissements, qui peuvent parfois persister même après que la personne a cessé de boire.

Chez les individus à risque, la pancréatite chronique se manifeste si la consommation d’alcool se prolonge sur une longue période : plus de 10 à 15 ans pour les femmes et de 15 à 20 ans pour les hommes. Il faut rappeler que la vulnérabilité de chacun à l’alcool est déterminante dans l’apparition de cette complication.

Oesophage

Les personnes qui s’intoxiquent risquent de développer des troubles moteurs dans le reflux gastro œsophagien. Au lieu de suivre le transit normal, c’est-à-dire passer de l’œsophage à l’estomac puis à l’intestin, les aliments sont refoulés de l’estomac vers l’œsophage, ce qui provoque des brûlures et des aigreurs.

Ce reflux gastro-œsophagien peut provoquer à son tour une œsophagite par reflux (œsophagite peptique), soit une inflammation de la muqueuse de l’œsophage, résultant d’une agression des remontées acides en provenance de l’estomac.

L’œsophagite peut être aiguë – s’étaler sur une courte période – ou être chronique – s’étaler sur une longue période. Une œsophagite provoque des brûlures lors de l’ingestion d’aliments, d’alcool ou de liquides chauds.

Chez les alcooliques, l’œsophagite chronique peut évoluer en ulcère. De plus, chez ceux qui consomment de façon abusive et régulière, une déchirure superficielle de la muqueuse située à la jonction de l’œsophage et de l’estomac peut se produire. Celle-ci est provoquée par des vomissements répétés et prolongés ce qui, dans 5 % des cas, peut aboutir à une hémorragie digestive, un vomissement de sang (hématémèse) qui peut être massif et mortel.

L’intoxication chronique est le principal facteur du cancer de l’œsophage et le risque s’accroît considérablement chez les fumeurs.

Estomac

L’intoxication à l’alcool peut provoquer une inflammation de la muqueuse de l’estomac dont la fonction est d’agir comme barrière protectrice de la paroi de l’estomac ; on parle alors de gastrite aiguë. L’absorption d’alcool en très grande quantité peut provoquer des brûlures, des nausées, des vomissements, parfois même sanglants, et des douleurs dans la partie supérieure et médiane de l’estomac (douleurs épigastriques). Ces symptômes se résorbent généralement après deux à trois jours d’abstinence à l’alcool.

Lorsque la consommation abusive est régulière, elle peut entraîner une gastrite chronique, une maladie souvent asymptomatique et peu réversible, évoluant lentement sur plusieurs années. La gastrite chronique est généralement accompagnée d’anémie et de dénutrition ; elle est parfois concomitante du reflux gastro-œsophagien défini plus haut. Les alcooliques peuvent aussi développer des hémorragies digestives qui sont principalement dues à des ruptures de varices œsophagiennes, à des dégradations ou à l’ulcération de la muqueuse gastrique.

Intestin

Les intoxications à l’alcool modifient la motricité et l’absorption de nutriments tels que les aminoacides, les vitamines A et C, les minéraux et le glucose, ainsi que les sécrétions de tout l’intestin. Il s’ensuit une diarrhée qui est constatée chez 10 à 50 % des alcooliques. Les effets de l’alcool sur l’intestin sont en général modérés et peuvent disparaître rapidement, soit de 2 à 6 semaines après un sevrage, avec l’aide d’apports nutritionnels et vitaminiques.

Les effets de la consommation abusive d’alcool sur la circulation sanguine

De la même façon, la dépendance à l’alcool et la consommation excessive risquent de provoquer des impacts néfastes sur la circulation sanguine.

Artères

Suivant la quantité d’alcool consommée, les pressions artérielles peuvent augmenter4 et cette relation devient plus nette chez les buveurs de 40 ans et plus. La pression artérielle systolique augmente en moyenne de 2,7 mmHg chez les individus qui consomment de 4 à 6 verres d’alcool par jour et de 4,6 mmHg chez ceux qui en consomment au moins 7 verres. Ces dysfonctions tendent à disparaître après un sevrage, mais reviennent en cas de rechute.

L’hypertension artérielle peut causer des complications comme des troubles du rythme cardiaque et de l’angine de poitrine.

Cœur

Une consommation d’alcool abusive et chronique, pendant au moins 10 ans, peut causer une affection du muscle cardiaque (cardiomyopathie alcoolique). Chez certains buveurs, cette maladie peut être asymptomatique et n’être découverte qu’accidentellement, alors que chez d’autres, la maladie s’accompagne de douleurs dans la poitrine, de palpitations, de toux nocturnes, d’une fatigabilité anormale, de difficultés à respirer et parfois même d’arrêts cardiaques se présentant sous la forme d’arythmie.

Les alcooliques atteints de cardiomyopathie présentent parfois des troubles du rythme cardiaque (tachycardie, palpitations) à l’occasion d’une surconsommation d’alcool. Dans la majorité des cas, le retour à un rythme normal se fait spontanément sur une période de 24 heures.

Système cérébrovasculaire

La consommation abusive d’alcool est un facteur de risque d’accidents cérébrovasculaires (ACV). La consommation abusive et chronique augmente les risques de décès par hémorragie cérébrale, alors que les épisodes d’intoxication peuvent empêcher l’apport de sang au cerveau ce qui, en retour, peut entraîner un infarctus cérébral.

Pages: 1 2 3
Voir la publication