Les niveaux de consommation d’alcool à faible risque

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Serge et Denis présentent les niveaux de  ... 2:30

Les vulnérabilités individuelles et contextuelles

Les vulnérabilités individuelles

Les niveaux de consommation recommandés s’adressent à la population en général. Il est cependant de plus en plus clairement établi – sur le plan scientifique – que les gens ne naissent pas tous égaux face à l’alcool.

Il existe donc une grande variabilité individuelle quant aux effets de l’alcool et les directives proposées ne conviennent pas nécessairement à tous.

Pour chacun d’entre nous, la génétique, le poids et l’âge sont des variables importantes à prendre en considération afin de consommer avec modération.

La génétique

Certains gènes – contenus dans des régions chromosomiques particulières – jouent un rôle important quant à la quantité d’alcool requise pour qu’une personne se sente ivre. Le risque de devenir dépendant à l’alcool est dû à des facteurs génétiques, et ce jusqu’à 50 %, comme le démontrent de récentes études scientifiques.

Réactions lentes à l’alcool. Les individus qui ont besoin de grandes quantités d’alcool pour obtenir des effets enivrants sont plus à risque de devenir alcoolique. Par conséquent, les hommes et les femmes qui ressentent peu les effets de l’alcool doivent être d’autant plus attentifs que les autres et s’abstenir de consommer sans retenue.

Réactions rapides à l’alcool. À l’inverse, certaines personnes se doivent d’être vigilantes pour les raisons opposées. En effet, il y a des gens qui réagissent plus vite que la moyenne aux effets de l’alcool. Ces consommateurs reconnaissent qu’ils sont intoxiqués et qu’ils ont perdu le contrôle de leur corps dans un intervalle de temps plus court que la moyenne.

Ces personnes ont souvent des membres de leur famille immédiate qui ont de graves problèmes d’alcool. Ainsi, les consommateurs d’alcool qui ressentent rapidement des effets enivrants doivent être plus prudents que les autres. Ils doivent consommer en deçà des directives proposées afin d’éviter tout risque de bévue ou d’accident.

Le poids

Les directives proposées s’adressent aux femmes et aux hommes de taille et de poids moyens. Nous savons par contre que le taux d’alcoolémie d’une personne est fonction de la quantité d’alcool absorbée divisée par la quantité d’eau présente dans son corps. Par conséquent, moins le corps d’une personne contient d’eau, plus son taux d’alcoolémie sera élevé.

Les personnes de poids inférieur à la moyenne – et celles dont un important pourcentage de la masse corporelle est constitué de tissus graisseux – devraient être vigilantes et observer des directives de consommation à faible risque plus restrictives que celles qui sont généralement proposées.

Poids léger. Une mise en garde doit alors être formulée à l’égard des personnes dont le poids est inférieur à la moyenne et dont la quantité d’eau dans le corps est donc, elle aussi, inférieure à la moyenne. À quantités égales d’alcool consommées, les personnes de poids léger auront une concentration supérieure d’alcool dans le sang.

Personnes qui souffrent d’embonpoint. La même mise en garde doit être faite à l’égard des personnes dont le pourcentage de gras dans le corps est supérieur à la moyenne. En effet, entre deux personnes de même poids – l’une, musclée, et l’autre souffrant d’embonpoint –, la personne dont le pourcentage de gras dans le corps est élevé ressentira davantage les effets de l’alcool que la personne musclée, puisque les tissus graisseux ne contiennent pas beaucoup d’eau.

L'âge

Les jeunes adultes. Puisque les niveaux de consommation recommandés s’adressent aux adultes, les adolescents qui désirent consommer devraient le faire de façon prudente et observer des directives plus strictes que celles qui sont proposées.

En effet, les adolescents supportent moins bien l’alcool que les adultes. Ils sont souvent de poids inférieur et l’alcool qu’ils consomment se répand ainsi dans une plus petite quantité d’eau. En outre, les enzymes contribuant à l’élimination de l’alcool par le foie ne sont pas aussi nombreuses chez les jeunes que chez les adultes. De plus, le cerveau des adolescents est davantage exposé aux dégâts liés à l’alcool. D’après des travaux récents en neuroscience et en pédopsychiatrie, le développement du cerveau n’est vraiment achevé qu’après l’âge de 20 ans.

La consommation d’alcool compte donc plus d’effets délétères et comporte plus de risques chez les adolescents parce qu’elle inhibe la maturation de certaines parties du cerveau.

Les personnes âgées. Le vieillissement s’accompagne inévitablement de changements au niveau des reins, du foie, du système cardiovasculaire et du cerveau. Certains de ces changements rendent moins efficace le processus d’élimination d’alcool, alors que d’autres augmentent la sensibilité aux effets de l’alcool.

Les personnes âgées ont un ratio de gras plus élevé que la moyenne des adultes et une moins grande quantité d’eau dans leur organisme. Par conséquent, à quantités égales d’alcool consommées, les personnes âgées obtiennent une alcoolémie plus élevée que ce qui est observé chez leurs cadets.

En outre, à cause de leur plus grande vulnérabilité physiologique et du fait que plusieurs personnes âgées prennent des médicaments sur ordonnance (voir Prise de médicaments), certains aînés devraient boire de l’alcool en deçà des directives proposées à la population en général.

Les vulnérabilités contextuelles

La prise de médicaments

Les niveaux de consommation proposés ne sont pas nécessairement appropriés à une personne qui est sous médication. En effet, les personnes qui prennent des médicaments devraient redoubler de vigilance et bien s’informer auprès de leur pharmacien ou de leur médecin des effets possibles de la consommation d’alcool conjuguée à la prise de leurs médicaments.

Le mélange d’alcool et de médicaments, comme ceux contre l’épilepsie, la haute pression sanguine et le rhume, notamment, peut causer de la somnolence et des étourdissements. Par contre, le mélange alcool et médicaments pour les rhumatismes, l’arthrite, la douleur, les infections et la dépression peut causer de graves problèmes physiques et psychologiques.

Enfin, l’alcool peut faire augmenter l’effet sédatif de médicaments comme les benzodiazépines et ainsi augmenter le risque de chutes.

La faim, la fatigue et le stress

Toute personne qui est particulièrement affamée, fatiguée ou stressée et qui veut éviter les effets négatifs de la surconsommation d’alcool devrait boire des quantités moindres que celles qui sont mentionnées dans les directives sur les niveaux de consommation généralement recommandés.

Lorsqu’une personne a faim, son estomac est vide et l’alcool qu’elle consomme est assimilé beaucoup plus vite dans son sang. Les effets de l’alcool sont alors ressentis plus rapidement et plus intensément.

La même mise en garde doit être formulée à l’égard de ceux qui se disent très fatigués. Le foie d’une personne fatiguée – qui a un faible niveau d’énergie – élimine moins bien l’alcool. Ainsi, pour la même quantité d’alcool consommée, l’alcoolémie est plus élevée chez une personne fatiguée que chez une personne reposée. Plusieurs symptômes de la fatigue sont similaires à ceux de l’intoxication et la prise d’alcool exacerbe ces symptômes.

De plus, l’alcool agit comme un dépresseur, ses effets négatifs sont donc davantage ressentis par les personnes stressées ou déprimées.

Quantité consommée et standards officiels

consommation

Les niveaux de consommation proposés sont établis en fonction d’une consommation standard. Par conséquent, les personnes qui veulent consommer raisonnablement et qui sont désireuses de suivre les directives devraient tout d’abord être bien informées sur ce qu’est une consommation standard, qu’elle soit de bière, de vin, de cidre, de spiritueux, de vin fortifié, de boissons à base de malt ou de boissons pré-mélangées (coolers).

Ces personnes doivent ainsi être attentives à la quantité de l’alcool qu’elles se versent ou qui leur est versée ainsi qu’à la teneur en alcool des produits qu’elles consomment.

Des études ont démontré que plusieurs – notamment parmi les jeunes et les femmes – sous-estiment la quantité d’alcool qu’ils consomment parce qu’ils ne maîtrisent pas la définition d’une consommation standard.

Le milieu vinicole a présentement tendance à augmenter la teneur en alcool de certains vins. Il est donc recommandé aux consommateurs de vin de bien lire la teneur en alcool inscrite sur les étiquettes et d’adapter leur consommation en conséquence. Il est aussi reconnu que les consommateurs de spiritueux auraient davantage tendance à se servir des quantités excédant une consommation standard.

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