Les boissons énergisantes

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Le mélange alcool-boissons énergisantes. 13:16

Le 24 octobre 2013, Santé Canada a organisé une journée de réflexion consacrée à la problématique de la co-consommation des boissons énergisantes et de l’alcool. S’y sont retrouvés des intervenants de tous les horizons, dans le but de réfléchir à l’éducation et à la sensibilisation à la problématique du mélange alcool-boissons énergisantes.

Caractéristiques des consommateurs et contexte de consommation

Les boissons énergisantes sont surtout appréciées des jeunes qui en consomment essentiellement lors de fêtes (partys ou raves), dans les bars et les discothèques. Plus d’un tiers des 18-24 ans (34 %) disent consommer régulièrement des boissons énergisantes.

Une récente étude révèle que le fait de mélanger de l’alcool à des boissons énergisantes est très populaire chez les étudiants, puisque près de la moitié (48,5 %) d’entre eux le font.

On prétend que ces boissons permettent « de tenir le coup ». Comme l’affirme le directeur des communications de l’entreprise qui fabrique une de ces boissons énergisantes, cette dernière procure de l’énergie à qui fréquentent les discothèques pour socialiser et danser, à qui ne veut pas y être une vingtaine de minutes, mais plutôt y passer la nuit.

C’est précisément dans un tel contexte que les jeunes ont tendance à boire de manière abusive. Lorsque les jeunes mêlent alcool et boisson énergisante, il est probable qu’ils en boivent de grandes quantités. C’est ce qui rend le mélange dangereux pour la santé.

Mauvaises perceptions et prise de risques

Les jeunes sont plus enclins que les adultes à prendre des risques et à adopter des comportements dangereux. Ils sont plus susceptibles d’être victimes d’accidents de la route, d’avoir des relations sexuelles non protégées, non planifiées ou non souhaitées, de subir ou d’adopter des comportements violents et de faire des tentatives de suicide. Le sentiment de toute-puissance et d’invulnérabilité qui accompagne l’adoption de tels comportements peut être exacerbée chez les jeunes qui mélangent l’alcool à des boissons énergisantes.

Une étude démontre que, comparativement à qui boit uniquement de l’alcool, les perceptions de maux de tête, de faiblesse et de bouche sèche sont significativement moindres chez ceux qui mélangent alcool et boisson énergisante, tout comme l’impression d’affaiblissement de la coordination motrice, d’ailleurs.

Pourtant, la concentration d’alcool dans le sang – ainsi que l’observation objective de la coordination motrice et de la vitesse de réaction visuelle – n’est pas significativement différente entre qui consomme alcool et boisson énergisante et qui boit uniquement de l’alcool.

En d’autres mots, les individus qui mélangent alcool et boisson énergisante sont intoxiqués et leurs facultés sont affaiblies, mais ils ne ressentent pas les effets de l’ébriété telle qu’elle est en réalité. Une étude récente des performances cognitives et de la perception d’intoxication chez les buveurs sociaux en arrive aux mêmes conclusions.

Puisque ces buveurs ne ressentent pas les effets intoxicants de l’alcool, les mécanismes d’autorégulation associés à l’ivresse sont inopérants. Par conséquent, une mise en garde devrait être clairement établie à l’égard des jeunes qui mélangent alcool et boisson énergisante, car ce mélange augmente d’autant les comportements à risque.

Une étude réalisée auprès de 4 271 étudiants provenant de 10 universités américaines montre que, comparativement à qui ne consomme que de l’alcool, ceux qui le mélangent à des boissons énergisantes sont deux fois plus à risque :

  • de se faire mal ou d’être blessés;
  • de nécessiter une attention médicale;
  • de prendre la route avec un conducteur en état d’ébriété;
  • d’agresser quelqu’un sexuellement;
  • de se faire abuser sexuellement.
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