Les Québécois et l’alcool

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Ce qui frappe le plus dans les résultats de l’enquête de 2012 sur les Québécois et l’alcool, c’est, d’une part, la stabilité des réponses depuis dix ans et, d’autre part, une certaine tolérance envers la consommation excessive occasionnelle combinée à une crainte des effets de la consommation régulière sur la santé et sur le développement de la dépendance.

La consolidation des attitudes et des opinons est telle que nous observons souvent des résultats semblables à ceux de 2002 et de 2007, ou qui se situent à l’intérieur de la marge d’erreur, notamment sur le plan de l’acceptabilité sociale de l’alcool, des circonstances de consommation et même des opinions et attitudes de nos concitoyens en ce qui concerne l’alcool. Les croyances évoluent lentement.

Il y a toujours plus de 8 Québécois sur 10 qui consomment de l’alcool, le vin consolide sa position de boisson la plus fréquemment consommée, et ce, par le plus grand nombre : les trois quarts des Québécois l’apprécient. La consommation de bière baisse légèrement, quoique prisée par 6 Québécois sur 10, alors que l’on observe une stabilité des spiritueux que consomme près d’un Québécois sur deux.

Mais ce qui est le plus rassurant dans les données que révèle cette enquête, c’est que les Québécois ont, dans l’ensemble, fort bien intégré la consommation d’alcool dans leur quotidien, qu’un certain modèle de consommation d’alcool fait désormais sereinement partie de leur mode de vie et qu’ils sont de plus en plus sensibilisés aux divers aspects de leur consommation.

En outre, ils sont fort intéressés à en apprendre davantage sur l’alcool, notamment sur les niveaux de consommation à faible risque et, surtout, ils nous confortent dans nos affirmations relativement à la lutte contre la conduite avec les facultés affaiblies.

La modération, une valeur intégrée

Naturellement, Éduc’alcool, ne peut que se réjouir de constater que son slogan, « La modération a bien meilleur goût », trône encore au zénith de la notoriété. Que la quasi-totalité des Québécois francophones le connaît et que sa notoriété ait atteint les 85 % chez les non-francophones est impressionnant. Mais c’est davantage son intégration dans la pratique et dans la vraie vie qui constitue la bonne nouvelle de cette enquête.

De fait, nous ne pouvons que nous féliciter de constater que la consommation moyenne des Québécois est d’un peu plus de 3 verres standard par semaine et que l’on consomme en moyenne 2,5 verres par occasion de consommation. Et, ce n’est certainement pas une coïncidence, elle correspond aussi au nombre de verres d’alcool à partir desquels ils estiment qu’il devient criminel de conduire un véhicule automobile. C’est d’une cohérence certaine.

Nous pouvons également nous réjouir de constater que, pour la très grande majorité des Québécois, la consommation d’alcool se fait dans des lieux et dans des cadres de consommation modérée : à la maison, chez des amis ou au restaurant. Quant aux circonstances de consommation, elles sont aussi rassurantes : célébration d’un événement heureux, accompagnement des repas, association à la détente – une consommation conviviale, plutôt que dépendante.

Les plus récentes données relatives à la vente d’alcool au Québec font état d’une baisse des achats moyens par habitant de 0,1 litre d’alcool pur par an, mais d’une baisse d’un demi-litre d’alcool pur par consommateur d’alcool. Cela est cohérent avec le fait que les Québécois ne semblent pas avoir plus de problèmes liés à leur consommation d’alcool qu’il y a cinq ou dix ans. La plupart des indicateurs sont même en baisse à cet égard, bien qu’ils se situent à l’intérieur de la marge d’erreur.

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