Contribution à la consultation de l’OMS

1) Points de vue sur les stratégies efficaces pour réduire l’usage nocif de l’alcool

Éduc’alcool croit que la prévention et l’éducation, associées à d’autres mesures, constituent un apport significatif à la réduction de l’usage nocif de l’alcool dans la société. Cette conviction, il la tient de ses 19 années d’actions sur le terrain, des évaluations d’impact qu’il mène sur chacun de ses programmes, de l’Observatoire de la relation des Québécois à l’alcool, une enquête épidémiologique sur divers aspects de la consommation d’alcool qu’il mène tous les cinq ans au Québec, et sur les comparaisons faites avec les autres provinces du Canada.

L’organisme fonde son action de prévention sur les principes de base suivants :

  • L’alcool est un produit à nul autre pareil. Il peut être agréable et même bénéfique, mais c’est le modèle de consommation qui en est le déterminant.
  • Contrairement au tabac, par exemple, il existe un niveau sécuritaire de consommation de l’alcool.
  • L’alcool a droit de cité dans la société et il fait partie de nos vies, mais il peut être associé à des problèmes et créer des dépendances. C’est un produit à risque.
  • Les producteurs doivent donner le « mode d’emploi » des produits qu’ils mettent en marché et l’industrie de l’alcool est responsable de la manière dont elle commercialise ses produits.
  • Les gens sont responsables de leurs choix. Ils doivent être traités en adultes et en personnes responsables.
  • La relation des gens à l’alcool est affaire de culture; elle n’est pas biologiquement déterminée. Cette relation peut être saine ou malsaine, selon les normes qui prévalent dans la culture.
  • Il faut faire passer les gens de la culture de l’ivresse à celle du goût; du « je bois pour me soûler » au « Je bois parce que j’apprécie ce que je goûte ». Le passage se fait par la promotion de la culture de la modération.
  • Il faut conduire les buveurs non pas à boire plus, mais à mieux boire.
  • Il faut proposer des repères quant aux quantités qui, pour les femmes et les hommes, constituent une consommation modérée.

Les stratégies les plus efficaces sont celles qui répondent aux caractéristiques suivantes :

  • Elles ont des objectifs socioculturels clairement déterminés et toutes les actions entreprises doivent concourir à leur atteinte;
  • Elles s’inscrivent dans la durée et sont conçues dans une approche à long terme;
  • Elles sont mesurées à la fois sur une base opérationnelle et sur une base populationnelle;
  • Elles prennent en compte la réalité des cultures et des comportements des sociétés;
  • Elles font confiance à la capacité des gens de faire des choix.

2) Points de vue sur les meilleurs moyens de réduire les problèmes liés à l’usage nocif de l’alcool dans une perspective mondiale et moyens par lesquels votre contribution est susceptible de réduire l’usage nocif de l’alcool.

Il va sans dire que lorsque nous affirmons que la relation des sociétés à l’alcool est avant tout affaire de culture, nous ne prétendons pas posséder la solution à tous les problèmes et l’universelle panacée.
Il existe aussi au Québec des personnes aux prises avec des problèmes d’abus et de dépendances à l’alcool, mais dans l’ensemble la relation des Québécois à l’alcool est plutôt saine, notre modèle de consommation davantage centré sur la modération que dans les autres provinces du Canada.

De fait, de tout le Canada, c’est au Québec que l’on retrouve le plus grand pourcentage de buveurs d’alcool chez les personnes âgées de 15 ans et plus (83%) : nous sommes bons premiers au pays.

Et c’est au Québec que l’on retrouve le plus petit pourcentage d’épisode de consommation excessive (plus de 5 verres par occasion) ou dangereuse (plus de 8 verres).
Certes, il n’est pas possible de faire une relation directe de cause à effet entre ces résultats et les actions que nous menons, mais devant la constance des faits, il nous apparaît que notre omniprésence au Québec constitue un rappel constant à un mode de consommation modérée. En association avec les autres stratégies préventives – taxations, limite d’âge pour l’achat, contrôle de la disponibilité, lois sur la conduite avec capacités affaiblies – il fait partie de la constellation de mesures assurant au Québec le meilleur bilan de consommation d’alcool du Canada.

Les programmes d’Éduc’alcool sont « exportés » de par le monde sur les cinq continents. Ils sont adaptables aux cultures locales car leurs fondements sont universels. Ils peuvent donc être mis à la disposition de ceux qui souhaitent les adapter.

La relation des gens à l’alcool est d’abord affaire de culture, nous le répétons, et les cultures sont influencées et façonnées par les normes qui prévalent dans cette société. Avec une portée et un impact exceptionnels, les actions préventives et éducatives d’Éduc’alcool constituent des rappels constants, multiples, variés, parfois drôles, parfois instructifs, que l’alcool n’est pas un produit ordinaire dont l’usage doit être modéré. Éduc’alcool est un des partenaires actifs de la Stratégie nationale sur l’alcool du Canada. La Stratégie tire son titre du slogan d’Éduc’alcool. La présidente et le directeur général de l’organisme ont été des membres actifs des divers comités qui ont conduit à son élaboration et à sa mise en oeuvre.

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