Il y a bien plus à faire que le projet de loi 165 pour améliorer la sécurité routière

Bien qu’appuyant, à certaines conditions, les mesures du projet de loi 165 relatives aux récidivistes, c’est davantage ce qu’il ne contient pas qui préoccupe au plus haut point Éduc’alcool. L’organisme était de passage à l’Assemblée nationale ce matin pour participer à la commission parlementaire sur le projet de loi 165. Il y a dénoncé l’absence de plusieurs mesures pourtant essentielles à un meilleur bilan routier. Éduc’alcool s’explique mal ce manque, surtout que les mesures en question sont prouvées scientifiquement et qu’elles obtiennent l’appui de tous les partis politiques.

Il apparaît inconcevable qu’après plus de 15 ans de représentations et de consensus sur diverses mesures essentielles, dont celle de rendre obligatoire la formation « Action Service » pour les serveurs des restaurants et des bars, rien n’ait encore été fait et rien ne semble non plus vouloir être fait.

L’organisme revendique donc avec force l’implantation « immédiate et sans plus de tergiversations », des mesures suivantes :

  • Rendre obligatoire pour tous les serveurs des bars et restaurants le cours « Action Service » qu’il a créé en partenariat avec l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec (ITHQ) car, malgré son efficacité démontrée et l’accord de tous les partis à l’Assemblée nationale, aucun gouvernement n’a jusqu’ici donné suite à cette nécessité absolue.
  • Accroître de manière substantielle les barrages policiers, car les trois quarts des Québécois n’ont pas franchi un seul barrage au cours de la dernière année.
  • Mener des campagnes de sensibilisation à l’alcool au volant tout au long de l’année et pas seulement autour des fêtes de Noël et du Nouvel An.

Bien que notre bilan routier ne cesse de s’améliorer depuis un quart de siècle, il n’en demeure pas moins qu’il est encore largement perfectible. On aurait pu donc s’attendre à ce que le projet de loi 165 comporte ces trois mesures dont l’efficacité a été amplement démontrée. Nous pressons donc le gouvernement de les mettre en œuvre sans plus tarder.

Des nuances à apporter à certaines mesures

Mis à part les trois actions qu’Éduc’alcool exhorte le gouvernement d’appliquer rapidement, l’organisme pose également des conditions aux succès de certaines mesures contenues dans le projet de loi. Ainsi, Éduc’alcool appuie les mesures relatives aux récidivistes de l’alcool au volant, mais uniquement dans la mesure où seront pris en considération ses commentaires sur les moyens financiers des personnes condamnées, qui ont rarement les moyens de payer des antidémarreurs à long terme, et sur les efforts à faire pour modifier leur modèle de consommation de manière à ce que l’effet de réhabilitation soit durable.

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