Réglementation québécoise sur l’alcool

La prévention avant l’argent

Éduc’alcool fait part de ses inquiétudes, en cette fin d’été 2016, devant le peu de cas que semble faire le gouvernement du Québec dans le domaine de la réglementation de l’alcool comme si c’était un produit comme un autre.

Dans son Plan d’action du gouvernement du Québec en matière d’allégement réglementaire et administratif, il a adopté une approche financière plutôt qu’une approche de prévention et de santé publique.

Il n’impose pas aux serveurs et propriétaires des établissements licenciés l’obligation de suivre le cours Action service, une mesure de prévention majeure qu’Éduc’alcool réclame depuis 12 ans.

Les premiers ministres du Québec, de l’Ontario et de Colombie-Britannique ont annoncé leur intention de mettre en œuvre des mesures pour accroître la circulation des vins locaux entre les trois provinces. Le premier ministre du Québec n’a abordé la question que sous son seul aspect économique alors que sa consœur ontarienne a insisté sur l’importance de le faire « d’une manière socialement responsable ».

Tous les récents débats publics sur cette question ont suivi cette même tendance. On a totalement occulté le fait que l’alcool est un psychotrope.

Lorsque l’on entend que le dilemme du gouvernement est de concilier la nécessité pour la SAQ d’offrir aux consommateurs l’alcool au plus bas prix possible tout en préservant le niveau de dividendes qu’elle verse à l’État, on ne peut qu’être inquiet devant une telle insensibilité.

Le mandat de la SAQ n’est pas de « fournir aux Québécois de l’alcool au plus bas prix possible ». Si c’était le cas, nous n’aurions pas besoin d’une société d’État. Le secteur privé pourrait s’en charger, quoique l’exemple de l’Alberta démontre que sa soif de profits est de loin plus forte que ce que l’on appelle faussement la « saine concurrence ».

La SAQ est un instrument de contrôle du marché. Les prix minimums de la bière en sont un autre. Les licences nécessaires pour vendre de l’alcool en sont un troisième. La réglementation sur la commercialisation, la promotion et la publicité en est aussi une composante.

Aussi, pour des raisons de prévention et de santé publique, la vente d’alcool doit être adéquatement encadrée. Éduc’alcool estime que le Québec n’a pas besoin de moins de réglementation; il a besoin d’une meilleure réglementation qui, tout en allégeant les contraintes inutiles, accorde la priorité à la prévention et à la santé publique qui doivent être au cœur de toutes les décisions relatives à l’alcool.

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