Cet anniversaire est l’occasion de saluer les progrès faits par les Québécois au cours des trois dernières décennies et de mettre l’accent sur les aspects positifs de l’évolution de leur relation avec l’alcool, sans pour autant nier les problèmes qui subsistent.

La campagne anniversaire a un message fort simple à livrer à la population : nous ne sommes pas parfaits et nous avons encore bien du chemin à parcourir dans le domaine de la consommation d’alcool, mais nous avons aussi fait de grands progrès; alors, félicitations pour 30 ans de modération!

Des progrès marqués et une campagne publicitaire en deux volets

Éduc’alcool n’est pas le seul responsable des progrès réalisés par la société québécoise au fil des ans. Mais il a assurément apporté sa contribution à ce qui a été accompli au cours de ces 30 ans et dont la liste, incomplète, tient d’abord en quelques chiffres :

  • les Québécois sont les plus nombreux à consommer de l’alcool et, pourtant, ils sont au bas de l’échelle de l’abus au Canada;
  • ils en boivent plus souvent, mais en abusent moins souvent que les autres Canadiens;
  • la proportion d’accidents mortels dus à la conduite avec les facultés affaiblies a diminué de 20 % passant de 50,3 % à 30,3 % en 30 ans;
  • les jeunes Québécois du secondaire boivent moins, moins souvent de manière excessive et retardent de plus en plus l’âge du début de la consommation d’alcool;
  • c’est au Québec, avec 2,7 %, que l’on compte le moins de personnes dépendantes;
  • les Québécois sont 3 fois plus nombreux que les autres Canadiens à connaître les limites de consommation dont Éduc’alcool les a informés;
  • 91 % d’entre eux considèrent qu’Éduc’alcool est un organisme dont on peut être fier;
  • 95 % des Québécois considèrent qu’Éduc’alcool est utile à la société;
  • le taux de crédibilité d’Éduc’alcool s’élève à 97 % auprès des Québécois;
  • avec une notoriété de plus 90 %, le slogan d’Éduc’alcool, La modération a bien meilleur goût, est devenu un proverbe chez nous.

À l’occasion de la campagne anniversaire qui se déroule tout au long du mois d’octobre 2020, deux domaines de prévention pour lesquels des progrès ont été remarqués sont mis de l’avant à l’aide de messages publicitaires télévisés :

La conduite avec les facultés affaiblies

Liza Frulla, directrice générale de l’ITHQ, et Jean-Marie de Koninck, fondateur de l’Opération Nez rouge font état des améliorations survenues depuis 30 ans en matière d’alcool au volant. Ces deux témoins ont été choisis car ils dirigent les deux plus anciens partenaires d’Éduc’alcool : 28 ans de collaboration avec l’Opération Nez Rouge et plus de 20 ans avec l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec.

La consommation d’alcool des jeunes

Guylaine Tremblay, la comédienne la plus populaire du Québec et l’humoriste Pierre-Yves Roy-Desmarais qui a été l’animateur du Club du savoir boire d’Éduc’alcool, se font les porte-parole de l’organisme quant aux progrès réalisés dans le domaine de la consommation d’alcool des jeunes.

Pour la population anglophone

Une campagne radiophonique avec la station The Beat donne l’occasion aux animateurs Donna Saker, Nikki Balch et Cat Spencer d’apporter leurs témoignages sur les réalisations d’Éduc’alcool au fil du temps.

Un concours pour inciter à la modération

Certains de nos compatriotes dépassent encore trop souvent les niveaux de consommation d’alcool à faible risque.

Aussi, Éduc’alcool profite de cette campagne anniversaire pour inciter davantage les Québécois à respecter les limites recommandées de consommation en organisant le concours En octobre, on compte ses verres, lancé le 28 septembre.

Tout au long de ce mois, les Québécois sont invités à compter leurs verres et à respecter ces niveaux de consommation. Ce faisant, ils courent la chance de gagner une carte-cadeau de 1 000 $ dans le restaurant de leur choix.

Participez au concours

Petite histoire d’une grande réflexion collective

Il y a 30 ans, cinq personnes de bonne volonté se réunissaient pour donner vie à une grande idée : faire connaître le « mode d’emploi » de l’alcool à ceux qui choisissent de boire.

Ils s’appelaient Colette Gilet, agente promotionnelle, Claude Marier, vice-président de la SAQ, Pierre Desmarais, directeur d’un des plus grands fabricants de vin, comme on les appelait à l’époque, Pierre Touchette, cadre supérieur chez un grand distillateur et Ghislain K. Laflamme, président de la RACJ.

Ils s’étaient dit qu’il ne fallait pas imiter les compagnies de cigarettes qui niaient que le tabac était dangereux, cachaient les études scientifiques et trompaient les consommateurs. Au contraire, ils ont décidé d’assumer leurs responsabilités sociales et de compenser les problèmes que l’abus d’alcool causait à la société québécoise. Ainsi naquit Éduc’alcool.

Une évolution constante

Cette compensation a d’abord pris la forme de contributions financières. On faisait des chèques pour aider d’autres organismes à réparer les dégâts causés par l’abus et à réduire les méfaits de l’excès.

Un premier virage est survenu lorsque l’organisme a pris le parti de la prévention. Il a alors choisi d’intervenir pour prévenir les problèmes et contribuer à éviter qu’ils n’aient lieu plutôt que de tenter de les régler une fois qu’ils avaient pris naissance.

C’est alors que les programmes d’éducation ont vu le jour et qu’Éduc’alcool a récupéré le vieux slogan qui s’était endormi depuis que la SAQ avait cessé de l’utiliser : La modération a bien meilleur goût. Il l’a racheté pour un dollar symbolique; c’est probablement l’une des meilleures transactions qui n’aient jamais été faites au Québec.

Éduc’alcool a également adopté une approche de marketing : plutôt que d’imposer aux consommateurs ce qu’il voulait leur dire, il a plutôt choisi de leur demander ce qui les intéressait au sujet de l’alcool.

Un peu plus tard, pour élargir l’expertise au sein de son conseil d’administration et s’ouvrir à l’extérieur de l’industrie et des organismes publics, il a fait place à des administrateurs issus de divers secteurs de la société qui n’ont aucun lien avec l’industrie de l’alcool ni avec l’État.

Avec le temps, les médias, les gouvernements, les acteurs de la scène publique ont commencé à demander son avis à Éduc’alcool : chaque fois qu’il était question d’alcool, l’organisme était sollicité pour apporter sa contribution au débat social.

C’est ainsi qu’il a ajouté les interventions et les représentations sur les politiques de l’alcool à sa palette, au point de devenir un intervenant majeur de la scène publique québécoise et canadienne, puis internationale.

Il a alors constaté qu’il y avait de graves lacunes dans les lois et les règlements au pays et invité ses membres issus de l’industrie à se donner un code d’éthique plus contraignant que la législation. Tous s’y sont ralliés, entraînant dans leur sillage les restaurateurs et les propriétaires de bars. Le Conseil d’éthique de l’industrie québécoise des boissons alcooliques était né. En 13 ans, il a profondément bouleversé les pratiques de communication, de promotion et de marketing de l’industrie.

Un grand virage s’en est suivi : passer du stade de promotion de l’idée de la modération à celui de la quantification de celle-ci. Éduc’alcool s’est ainsi lancé dans la diffusion des niveaux de consommation d’alcool à faible risque au moyen d’un plan de 11 ans dont il a complété la 9e année et dont les résultats sont spectaculaires.

Crédibilité et respect

La qualité des témoignages en dit long sur ce qu’Éduc’alcool a accompli en trois décennies. En voici quelques exemples :

  • En 2010, l’Assemblée nationale, dans une motion unanime, a félicité Éduc’alcool pour « sa contribution exemplaire à la responsabilisation et à la sensibilisation des Québécois face à leur consommation d’alcool».
  • Les publications d’Éduc’alcool sur l’alcool et la santé sont diffusées dans les hôpitaux et les CLSC. Chacune d’elle est révisée par la plus grande sommité scientifique du domaine dont elle traite. Toutes ces sommités ont accepté d’emblée de cautionner ces publications et ont toutes refusé d’être rémunérées pour leur travail.
  • Lorsque Claude Béland, un Québécois d’exception qui nous a quittés il y a peu de temps, a été sollicité pour présider le Conseil d’éthique de l’industrie québécoise des boissons alcooliques, il a accepté sans se faire prier ; pas plus d’ailleurs que ne l’a fait Robert Dutton, un autre grand Québécois qui se passe de présentation, lorsqu’il a été invité à succéder à Me Béland.
  • Plus récemment, Éduc’alcool a décidé de se doter d’un Conseil scientifique pour l’accompagner dans sa réflexion à long terme sur les enjeux liés à l’alcool. Il a dressé la liste idéale de ses sept membres : toutes des sommités scientifiques incontestables. Il a reçu 7 oui.

Éduc’alcool parle aux gens, dialogue avec eux, tente de les convaincre. Et pour être entendu, il faut être crédible et respecté. Ce respect est fondé sur :

  • le sérieux de ses prises de position;
  • la rigueur de ses recommandations à la population;
  • son habilité à convaincre les décideurs publics dans la détermination des règles encadrant les boissons alcoolisées;
  • sa capacité à dénoncer les comportements répréhensibles de certains membres de l’industrie.

Tournés vers l’avenir

Bien sûr, cela ne veut pas dire qu’il n’y a plus de problèmes. Il y en a tant et il reste encore tant à faire pour éliminer la conduite avec les facultés affaiblies, mettre fin aux violences familiale, sexuelle et conjugale sous l’effet de l’alcool, réduire le nombre de personnes dépendantes, implanter davantage la culture de la modération et faire respecter encore plus les limites de consommation recommandées.

Bien qu’il reste encore beaucoup à faire, on ne peut s’empêcher de se dire qu’avec les Québécois – et pour eux –, Éduc’alcool a fait du bon travail. Sans s’endormir sur ses lauriers, l’organisme devra continuer à travailler de tout cœur pour conserver ce niveau de confiance et de crédibilité que lui accorde la population québécoise et qui est à la base de son utilité au sein de la société.

Cette valeur, la modération, est, de nos jours, bien mise à mal par les tendances libertariennes et individualistes qui rejettent tout conseil, tout avis, toute information au nom de la soi-disant liberté de faire tout ce que l’on veut et la banalisation de l’alcool qu’elle entraîne.

Et, à l’autre bout du spectre, on observe de plus en plus des distorsions dites scientifiques et des approches idéologiques et moralisatrices qui, au mépris de la science, assimilent l’alcool au tabac, le diabolisent et voient dans la prohibition la solution à imposer.

C’est pour cela que la voie du juste équilibre que représente Éduc’alcool doit être encore et toujours suivie. Ses valeurs de rigueur, d’intégrité, d’équilibre, de respect et de convivialité sont toujours d’actualité.

Beaucoup de progrès ont été accomplis depuis trente ans, mais il en reste encore beaucoup à accomplir.

Pour continuer d’avancer, le Québec a plus que jamais besoin d’Éduc’alcool.