Montréal, le le 6 février 2019 – Dans sa contribution à l’ultime consultation de Santé Canada sur le Règlement relatif aux boissons alcoolisées sucrées qui a pris fin hier, Éduc’alcool a lancé un appel ultime au gouvernement fédéral en espérant que celui-ci cesse de faire la sourde oreille et qu’il encadre enfin de façon adéquate ces boissons particulières et dangereuses.

Ayant été profondément déçu du règlement présenté en décembre qui ne tenait compte d’aucune de ses recommandations, Éduc’alcool a invité le gouvernement fédéral à agir vite et sans tergiverser en amendant son projet de règlement pour y inclure deux dispositions qui, selon l’organisme de prévention, sont tout à fait primordiales.

Une demi-mesure insuffisante

« Que le projet de règlement présenté après plus de neuf mois de consultations et de multiples représentations ne contienne qu’une demi-mesure, aussi incompréhensible qu’infondée, en a surpris plus d’un », a déclaré le directeur général d’Éduc’alcool, Hubert Sacy qui s’est dit tout aussi déçu de l’absence de toute mesure relative à l’emballage et à l’étiquetage de ces produits.

Rappelons que la proposition de Santé Canada consiste à limiter le contenu en alcool des portions individuelles (ou portion unique) de boissons alcoolisées sucrées à un verre standard et demi (1,5), soit un peu plus de 20 grammes d’alcool.

Éduc’alcool s’explique mal ce choix de « verre et demi » qui ne repose sur aucune recommandation connue. Il n’est pas basé sur les directives de consommation d’alcool à faibles risques et ne concorde pas non plus avec les produits les plus couramment vendus sur le marché.

À boissons spéciales, traitement spécial

Depuis plusieurs mois, Éduc’alcool tente de faire entendre raison à Santé Canada en lui demandant d’adopter ces deux simples mesures.

1

Limiter à un seul verre standard d’alcool les portions individuelles de boissons alcoolisées sucrées pour éviter de tromper les consommateurs. Que ceux-ci soient jeunes ou moins jeunes, il est beaucoup plus facile de calculer son nombre de consommations lorsqu’on parle en chiffre entier plutôt qu’en demi-chiffre. La logique élémentaire veut qu’une portion individuelle signifie une portion et non pas une portion-et-demie.

De plus, Éduc’alcool s’évertue depuis des années à sensibiliser les consommateurs à la notion de verre standard; il serait simple et logique de se servir de cette notion. En quoi la simplicité, la clarté et la facilité pourraient déranger Santé Canada?

2

Ne cibler que les adultes avec l’emballage et l’étiquetage. La mise en marché actuelle des boissons alcoolisées sucrées vise clairement et indiscutablement les jeunes, voire les très jeunes consommateurs. Que ce soit le choix des couleurs, le type de lettrage, ce sont les jeunes qui sont visés et certainement pas l’âge d’or.

Éduc’alcool demande donc que l’étiquetage et le lettrage des produits alcoolisés sucrés prémélangés soient clairement conçus pour viser une clientèle adulte et qu’il ne soit pas possible de les commercialiser avant qu’une autorisation préalable n’ait été donnée avec l’assurance que seuls des adultes sont visés.

Éduc’alcool lance donc un appel ultime à Santé Canada en espérant que celui-ci cesse de faire la sourde oreille et encadre enfin de façon adéquate ces boissons particulières et dangereuses.

« Ce projet de règlement est né des suites du décès tragique causé par la consommation de boissons alcoolisées sucrées de la jeune Athena Gervais. L’intention qui préside à ce règlement est bonne, mais l’application proposée n’est même pas près d’être adéquate. Si Santé Canada souhaite éviter d’autres décès tragiques de jeunes, il doit amender son règlement. Sans quoi, on peut craindre qu’il y aura d’autres Athena Gervais. Et cette fois, on ne pourra pas dire que nous ne savions pas » a conclu le directeur général d’Éduc’alcool, Hubert Sacy.