Laval, le 8 août 2019 – Les résidents de Laval sont moins nombreux que la moyenne des Québécois à consommer de l’alcool de manière excessive et ils sont parmi ceux qui respectent le plus les limites recommandées. Cependant, tout comme à Montréal, on peut observer des différences significatives entre les francophones, les anglophones et les allophones lavallois.

Les francophones sont en effet les plus nombreux à consommer, mais ils se font dépasser par les anglophones lorsqu’il est question de consommation excessive. Les allophones, quant à eux, se démarquent par une plus grande modération dans leur consommation d’alcool.

Voilà quelques-uns des faits saillants qui ressortent de la section lavalloise de la plus vaste enquête jamais faite sur la relation de chacune des régions du Québec avec l’alcool menée par CROP tous les deux ans pour le compte d’Éduc’alcool.

Citation

« Même si les Lavallois sont parmi les consommateurs les plus modérés du Québec,  il reste que les épisodes de consommation excessive et les épisodes de conduite avec les facultés affaiblies sont encore trop nombreux dans  tous les groupes. En tant qu’organisme d’éducation et de prévention, on en tire une seule conclusion: notre travail de sensibilisation n’est pas terminé ! »

– Hubert Sacy, directeur général d’Éduc’alcool

Les résultats de sondage en bref

  • Les habitudes de consommation : Les allophones de Laval consomment moins fréquemment de l’alcool qu’ailleurs au Québec alors que c’est l’inverse pour la population francophone de la région.
    • 83 % des résidents de Laval disent avoir consommé de l’alcool au moins une fois au cours des 12 derniers mois, ce qui est légèrement au-dessous de la moyenne québécoise (85 %) ;
      • La répartition des consommateurs lavallois est toutefois inégale. En effet, 87 % des francophones et 82 % des anglophones ont consommé au cours de la dernière année, alors que c’est le cas de 73 % des allophones ;
    •  53 % de tous les Lavallois affirment consommer des boissons alcoolisées une fois par semaine ou plus, ce qui est moins élevé que la moyenne québécoise (56 %) ;
      • Les allophones sont les moins nombreux à le faire (43 %), suivis des anglophones (51 %) et, finalement, des francophones (58 %) ;
    • La consommation moyenne par semaine pour les Lavallois est légèrement moindre (1,7) que celle enregistrée pour le reste du Québec (1,9) ;
      • Lorsqu’on regarde ces données de plus près, on constate que les francophones lavallois consomment 1,8 verre par semaine, alors que les anglophones en prennent 1,7 ; et les allophones, 1,2.
  • La consommation excessive : Les anglophones lavallois sont plus nombreux à consommer de manière excessive que les francophones et les allophones de la région.
    • 29 % des Lavallois affirment avoir consommé au-delà des limites recommandées une fois par mois ou plus souvent au cours de la dernière année, ce qui est en dessous de la moyenne québécoise (34 %) ;
      • Encore une fois, il nous est possible d’observer trois Laval distincts alors que 48 % des anglophones et 29 % des francophones lavallois disent avoir dépassé les limites recommandées au cours de la période observée. Seulement 24 % des allophones sont dans cette situation ;
    • 51 % des habitants de la région de Laval avouent avoir consommé de façon excessive au moins une fois au cours des 12 derniers mois, ce qui est moindre que la moyenne québécoise (55 %) ;
      • Toutefois, 55 % des anglophones et 52 % des francophones ont consommé de façon excessive. Du côté des allophones, ce taux baisse à 46 %.
  • La conduite et l’alcool à Laval : Les Lavallois sont des conducteurs un peu plus téméraires que la moyenne du Québec.
    • 9 % affirment avoir conduit un véhicule après avoir consommé de l’alcool au-delà des limites permises (c. 8 % au Québec) ;
      • Notons que les anglophones de la région sont les plus nombreux à avoir ce comportement (12 %), les francophones les suivent (10 %) alors que les allophones ferment la marche (7 %) ;
    • 27 % des Lavallois ont vu un barrage policier en matière d’alcool (c. 26 % au Québec) et 21 % ont passé dans un tel barrage, ce qui est identique à la moyenne québécoise;
      • Les anglophones lavallois sont les plus nombreux à affirmer qu’ils ont vu (36 %) ou traversé (27 %) un tel barrage au cours de la dernière année, suivis des allophones (29 % et 23 %) et des francophones  (24 % et 19 %).
  • Les perceptions quant à l’alcool et la conduite : Les Lavallois, principalement les allophones, sont plus nombreux à penser que la limite d’alcool permise pour conduire n’est pas assez sévère.
    • 19 % croient qu’il est criminel de conduire après avoir consommé un seul verre d’alcool, ce qui est légèrement plus élevé que la moyenne québécoise (17 %) ;
      • 25 % des allophones lavallois ont cette croyance, alors que c’est 19 % des anglophones et seulement 16 % des francophones.
    • 32 % des résidents de Laval jugent que la limite d’alcool pour conduire n’est pas assez sévère (27 % au Québec) ;
      • Les plus nombreux à considérer que la limite n’est pas assez sévère sont les allophones (39 %), suivis des francophones (30 %) et finalement, des anglophones (22 %) ;
    • 54 % des Lavallois considèrent totalement improbable de se faire intercepter dans un barrage policier (c. 51 %);
      • Les francophones sont les plus nombreux (57 %), suivis des allophones (50 %) et des anglophones (43 %).
  • L’alcool et le cannabis : Les habitudes de consommation du cannabis des Lavallois sont semblables à celles du reste du Québec.
    • 17 % des Lavallois consomment du cannabis (c. 18 % au Québec) ;
      • Les allophones sont les moins nombreux à en consommer (7 %) alors que c’est le cas de 20 % des francophones et de 26 % des anglophones ;
    • 21 % des consommateurs de cannabis lavallois (donc 3,6 % de la population lavalloise) mélangent toujours ou souvent alcool et cannabis (c. 24 % au Québec).
      • À noter ici que 0 % des allophones indique mélanger alcool et cannabis souvent ou toujours.
  • Éduc’alcool dans la région : Ce qui n’est rien pour déplaire à Éduc’alcool, l’organisme est connu et reconnu à Laval bien que son slogan le soit un peu moins.
    • La crédibilité d’Éduc’alcool s’élève à 95 %, ce qui est plus élevé que la moyenne québécoise (92 %) ;
    • 83 % des résidents connaissent le slogan de l’organisme, La modération a bien meilleur goût, ce qui est moins élevé que la moyenne québécoise qui se situe à 90 % ;
      • Cette statistique s’explique par le fait que les allophones et les anglophones de la région connaissent moins le slogan (66 %) comparativement aux francophones (95 %) qui sont au-dessus de la moyenne québécoise à ce chapitre.

Cette enquête se distingue sous plusieurs aspects :

  • Il s’agit de la première enquête révélant les pourcentages de consommateurs qui fument du cannabis en même temps qu’ils boivent de l’alcool. C’est une donnée tout à fait nouvelle.
  • C’est le plus vaste échantillon jamais établi dans un sondage de la sorte avec 6732 entrevues, dont 1053 répondants à Montréal, réduisant ainsi considérablement la marge d’erreur régionale. Il s’agit donc d’un sondage fiable, d’une précision inégalée.
  • Un changement de méthodologie effectué dans cette nouvelle mouture du sondage ne permet pas de comparer ces résultats avec ceux des années précédentes. En effet, alors que les enquêtes de 2015 et de 2017 étaient réalisées au téléphone, en 2019, les deux tiers (4 592) l’ont été sur le Web et un tiers (2 140) par téléphone. La barrière du jugement perceptuel étant levée sur le Web, on peut observer dans toutes les régions du Québec une hausse des pourcentages des réponses en lien avec les niveaux de consommation. Malgré ce changement, la comparaison entre les régions est parfaitement fiable sur une même année et les rangs par rapport à la moyenne québécoise à travers les années sont parfaitement valides.

Source : Éduc’alcool

Information et entrevue:
Élizabeth Hallée-Lamarche
[email protected]
418 812.7902